vendredi 26 août 2016

The Human League - Don't You Want Me (Single, 1981)


  Jolie découverte pour ma part, merci au film "Le Nouveau" (un excellent film, assez réaliste, et que je vous recommande, sur la période du collège). Y'a tout, des synthés disco house introductifs (et des synthés très débuts de Depeche Mode à la fin), un chant de cronner eighties bien dans son époque (comme chez Gary Numan ou Japan) réminiscent d'une certaine idée du glam (défendue par Bowie et Roxy Music, inspirations évidentes), et surtout, surtout une bonne pop song accrocheuse et bien foutue (l'arrivée du chant féminin bravache est irrésistible).

  Bref, j'adore ce morceau. Et le clip est très bien, très d'époque mais avec un esthétisme plus sobre que certains délires kitschouilles qui suivront, et l'ambiance colle parfaitement au morceau. Du tout bon !

Alex

lundi 22 août 2016

Radiation City - Synesthetica (2016)



  Encore un jeune groupe que je ne connaissais pas et n'avais pas vu venir qui a illuminé mon année 2016. Ça commence par une rythmique irrésistiblement groovy, une basse qui ne l'est pas moins et les guitares de cet ex groupe garage introduisent "Oil Show". Les arrangements sont denses, généreux, ludiques, variés et inspirés, comme chez le MGMT de Congratulations, et chez ABBA, auquel le groupe fait penser tant pas le chant majoritairement féminin (mais pas que) et les refrains immédiats. Rock, Pop, et un chant jazzy / soul rappelant les crooners de l'avant-guerre et les chanteuses de variété de l'époque se mêlent à des influences venant de tous les continents dans une pop song ultra efficace. Un modèle du genre qui sera décliné dans sa perfection sur tout l'album, du synthétique et lascif "Juicy" au groove poignant de "Butter" et sa mélodie douce-amère pour commencer. Avec toujours ce chant féminin merveilleux

  Mais le chant masculin a aussi son heure de gloire lors des questions-réponses avec la chanteuse sur "Come Ang Go" qui commence comme une pop song folky vaguement psychédélique et vire en manège pop sur le refrain irrésistible, à la manière des premiers Family Of The Year. Le ton se fera disco-Rock (qui a dit Blondie ?) sur "Milky White", pour un résultat tout aussi enthousiasmant.



  Un autre tube synthético-pop, "Sugar Broom", qui sonne comme la version toute personnelle de Radiation City du néo-psychédélisme porté par Tame Impala et Melody's Echo Chamber notamment, avec des échos dub par-ci par-là. Une des chansons les plus marquantes de cet album qui ne compte que des chansons marquantes.

  La diversité des tempos et des influences se manifeste avec le tango modernisé de "Separate", et son ambiance aussi vénéneuse et mystérieuse que sexuellement chargée, avec toujours cette alternance masculin-féminin au chant, cette rythmique ultra-groovy, ces arrangements riches et justement mis en place, et cette mélodie géniale. Et puis ce côté classe, encore une fois un peu crooner, comme un Richard Hawley qui aurait la vingtaine et se serait tapé les Happy Mondays et Primal Scream en boucle, pendant que sa copine aurait écouté aussi bien Bardot et Nancy Sinatra que Portishead ou Aretha Franklin.

  On atteint une certaine idée de l'électro-pop avec "Futures" qui rappelle les Buggles de Trevor Horn là encore croisés avec une certaine idée de la sunshine pop à la Mamas And The Papas, Sagittarius, Boettcher etc... revue et corrigée par la scène pop/rock indé, comme chez Family Of The Year, avec autant de fraîcheur et de simplicité que de qualité mélodique. "Fancy Cherries", sa mise en son dream-pop et psyché et ses mélodies vocales hispanisantes concluent sur une note à la fois mélancolique et conquérante cet album d'une qualité incroyable.



  Je ne peux que vous conseiller l'écoute de ce merveilleux disque pop, aussi bien écrit qu'interprété et produit, qui m'évoque surtout ABBA pour le côté "gavé de tubes irréprochables merveilleusement arrangés" pour qui aime les arrangements généreux (mais bien utilisés) comme moi. 
Un des meilleurs disques pop de cette année, mais ne me croyez pas sur parole, et allez l'écouter vous-mêmes ici.

Bonne écoute, merci pour votre lecture, vos commentaires et à bientôt !

Alex

jeudi 18 août 2016

Céu - Tropix (2016)



  Tout commence par quelques notes de clavier, un beat organique et chaud, une guitare, puis ce chant en brésilien. Une voix douce, une sensibilité immédiate, un vécu riche assurément. Et quand le rythme s'installe, que les choeurs angéliques débarquent, le délicat équilibre n'est que renforcé et non dénaturé, et ce "Perfume do Invisivel" introductif se fait funky, et on tient là le premier classique de l'album. Les autres morceaux seront du même acabit, entre (électro)funk discoïde, pop classieuse, et bossa nova au sens large et généreux du terme, toujours portés par cette voix magnifique. 

  Les touches de synthé funk soutiennent "Arrastarte-Ei", "Amor Pixelado", "Rapsodia Brasilis" et ses dissonances, "Varanda Suspensa", sa basse serpentine, et son refrain accrocheur... et surtout "Etilica/Interludio". On pense à plein de choses en écoutant cette musique, mais aucune influence écrasante, tout cela est très personnel et repose beaucoup sur le charisme et la sensibilité du chant de CéuCela se sent aussi dans les quasi-berceuses "Sangria" et "A Menina e o Monstro" qui part en free rock avec ses guitares déstructurées. Le funk se fait plus organique et chaloupé sur des morceaux comme "Minhas Bics" et son côté surf avec influences afro-caribéennes, et le morceau le plus tubesque du disque qui pourtant est très accessible malgré la richesse et l'intégrité de la musique, le disco "A Nave Vai".

  L'équilibre est fragile lors de morceaux comme la ballade "Camadas" moins marquante faute à des cordes attendues, mais pas honteuse non plus, et "Chico Buarque Song", à cause notamment de l'emploi de l'anglais et d'un refrain plus "gros", mais le morceau retombe sur ses pattes grâce au talent de Céu.

  Bref, un excellentissime album dont je m'étonne du relativement faible écho médiatique. Et auquel je voudrais donc à ma petite échelle rendre justice, en vous proposant de l'écouter ici. Je vous garantis que cet album brésilien, un des plus beaux de cette année, saura conquérir votre coeur. Vous m'en direz des nouvelles.

Bonne écoute, merci pour votre lecture et vos commentaires, et à bientôt ! 

Alex


jeudi 4 août 2016

Whitney - Light Upon The Lake (2016)




  On continue avec les jeunes groupes qui sortent des disques d'une qualité inouïe avec Whitney. Issu de la partition des Smith Westerns, et après le départ du chanteur Cullen Omori, le groupe se structure autour du guitariste Max Kakacek et du batteur Julien Ehrlich. Qui ont dans ce schisme qui aurait pu être une fin, vraiment trouvé une voix (celle, magnifique, d'Ehrlich), ainsi qu'une voie vers un second départ peut-être encore meilleur. Parce que le disque solo de Omori a beau avoir beaucoup de qualités, ce disque de Whitney plane des années-lumières au-dessus.



  Le morceau qui introduit l'album a aussi été le premier morceau partagé par le groupe. Ce "No Woman" qui s'ouvre sur un clavier enchanteur et des cuivres soul avant de laisser le duo guitare/voix folk/blues prendre le relai est un magnifique ambassadeur pour l'album et le groupe. On entend toute l'histoire de la musique américaine dans ce morceau, transcendée par la "petite" histoire que racontent la voix du musicien et les instruments. Les influences citées par le groupe, Bon Iver, The Band et Allen Toussaint sont là, auxquels on pourrait rajouter Woods pour le timbre de voix et les arrangements, mais plus comme des figures bienveillantes que des idoles oppressantes. La fraîcheur du groupe, sa modernité et son talent de songwriting l'élèvent bien au-dessus de la masse des groupes étiquetés "americana". Ce morceau est une vraie merveille, allez écouter ça par vous même.



  Et cela continue, du piano bondissant de la pop de "The Falls", à ma favorite, le tubesque "Golden Days" dont j'ai déjà parlé ici, au très folk façon The Band, "Dave's Song", tout cela enchante le mélomane. De même que les arpèges délicats "Light Upon The Lake" que n'auraient pas renié les grands mélodistes nineties tels Elliott Smith ou Jeff Buckley, ou "No Matter Where We Go" plus rock, entre Big Star et Creedence Clearwater Revival. Ces gars piochent partout : soul, pop, country, folk, cajun, blues, mariachi, boogie, ragtime, doowop, blues-rock, jazz, gospel.... Tout est bon à prendre pour le transformer en or pop, s'élever depuis ces glorieuses racines américaines très ancrées dans l'imaginaire collectif, les respecter puis les dépasser et s'élever vers les sommets pop.




  Ainsi "On My Own", l'instrumental jazzy et swinguant "Red Moon", le baroque (et soul) "Polly" et le country-folk nourri à la soul "Follow" ne revisitent pas le grand songbook américain, elles y écrivent de nouvelles pages. Je vous l'assure, ce disque est grand, ce disque est beau, et il vous faut l'écouter, que vous soyez ou pas un grand fana de musiques "traditionnelles" américaines ou pas, vous y trouverez votre compte. Entre ce disque, le Woods et le Kevin Morby, les USA ont cette année une bien belle façon de revisiter leur terroir musical avec une oreille fraîche et de belles ambitions, c'est superbe. 

Pour l'écouter c'est par là.

Merci pour votre lecture et vos commentaires 

Alex

samedi 30 juillet 2016

Still Parade - Concrete Vision (2016)



  Je le dis, et le redirai, cette année 2016 est lumineuse musicalement. Malgré le décès de nombreux grands, d'encore plus nombreux jeunes groupes sortent des trucs magnifiques. Ce disque de Still Parade en fait partie. Le groupe est adepte d'un songwriting pop de haute volée et d'une mise en son s'appuyant pas mal sur des sonorités synthétiques, tout en sachant rester organique.



   L'introduction, "Seasons", commence comme cela, synthés aquatiques devant, voix nonchalante et douce, aussi mélancolique que joyeusement pop, rythmique sèche, chaleur estivale de l'instrumentation. Le tout très mélodique, et servi avec arrangements synthétiques épurés. Magnifique, dans la lignée de ce qui se fait de mieux dans le genre, de Tellier à Air en passant par Metronomy, De Roubaix, les Junior Boys, Baxter Dury et Tame Impala. Tout le bien qu'on pense alors du groupe est décuplé à l'écoute du tubesque (dans le sens le plus noble du terme) "Walk In The Park", entre hédonisme et mélancolie : la définition de la chanson pop parfaite (j'en ai déjà parlé ici, au passage). Ces accords lumineux me rappellent d'autres champions du genre, surtout le "Aller Vers Le Soleil" de Sébastien Tellier justement... Cette évidence, cette fraîcheur, cette sensation que chaque note est pile où elle devrait être, cette pureté des arrangements à la fois généreux et épurés, ça c'est en pop ce qui s'appelle être touché par la grâce et marcher sur l'eau. Comme Rundgren, Michael Jackson, McCartney & Lennon ou Brian Wilson en leurs temps. Je semble peut-être dans l'emphase là, mais ce genre de chanson pop c'est tout ce que j'apprécie, et je n'ai aucune réserve sur cette chanson, c'est du très très très bon.




  Et le reste de l'album est à l'avenant. Le morceau-titre, "Concrete Vision", qui repose davantage sur la guitare (sauf lors de son élégiaque outro synthétique) est plus mélancolique mais tout aussi réussie et émouvante, avec là encore des sonorités modernes rappelant notamment le dernier Tame Impala, mais ancrées dans une tradition remontant aux sixties aventureuses. 
  
  Ce morceau est suivi par un "Let Go" là encore assez tubesque, avec des influences presque soul dans l'interaction claviers - section rythmique (magnifique basse)... et toujours ces suites d'accords renversantes. "07:41" repose sur une batterie chaloupée et un motif synthpop du plus bel effet, et possède elle aussi de beaux moments d'accalmies, des changements de rythmes et des parties plus enlevées. Le sens du timing, des pauses, de la retenue et de l'équilibre est d'ailleurs une des clés de la réussite de ce groupe sur cet album, tout est dosé avec une minutie et un naturel désarmants.




  "Everything Is Going Down (Again)" enfonce le clou avec sa batterie estivale et ses nappes de synthé puissantes, et emporte tout sur son refrain déabusé, de même que le psyché "Chamber", plus rythmé, et "Morning Light", plus posé. L'album se conclut ensuite sur le franchement eighties "True Love", là encore tout en émotion, et pour les chanceux sur le magnifique bonus "Reason".




  Bref, cet album est une vraie perle pop dans laquelle on aime se perdre encore et encore, afin de découvrir à chaque nouvelle écoute de nouvelles merveilles. Un des albums de l'année, faites moi confiance. D'ailleurs voici le lien Spotify pour écouter ce très très bel album. Foncez !

Merci pour votre lecture et vos commentaires




Alex

mercredi 27 juillet 2016

Bill Withers - Kissing My Love - Live at "Beat Club" ( 1972 )

  Il y a de rares versions live de standards qui ont l'art de transcender leur version originale. L'extraordinaire session live de "Kissing My Love", du soulman Bill Withers, enregistrée pour l'émission allemande Beat Club en 1972, fait partie de ce club très fermé ! 


     A l'époque il tournait avec les musiciens du Watts 103rd Street Rythm Band : à la guitare principale Benorce Blackmon, à la batterie James Gadson, au clavier Ray Jackson et à la guitare basse Melvin Dunlap.

     Tirant profit de cette formation plus restreinte sans section cuivre et du rendu live plus authentique qu'un formatage post-production studio, la musique y est beaucoup plus roots, plus âpre, mettant l'accent sur la rythmique impulsée par un James Godson de génie à la batterie. En soit le morceau en est plus funk !


Version live du "Beat Club" ( 1972 ) :




version studio de l'album Still Bill ( 1972 ) :



Une version que je ne me lasse toujours pas d'écouter et réécouter !


ETIENNE






lundi 25 juillet 2016

Surface - Falling In Love (Single, 1983)


  Bombe électrofunk suivante : ce "Falling In Love" de Surface, tout droit sorti de chez les grands Salsoul Records. Beat disco, synthés basse dans tous les sens, guitares rythmiques, piano et synthés house, chant soul/pop acidulé et flûtiaux, tout est réuni pour un morceau de choix. 

Bonne écoute !


Alex