samedi 27 septembre 2014

La Playlist # 2 : THEY ARE BACK

La Playlist # 2 : THEY ARE BACK !



  Vous l'attendiez tous, nous l'avons fait.
Après avoir traversé des épreuves (privation d'internet, job d'été, déménagements...), nous sommes enfin de retour. Ce qui nous a permis de tester la stratégie My Bloody Valentine : un article annoncé qui n'arrive pas, un teasing astucieux (merci Etienne) et ... Toujours rien. Faire monter la sauce, doucement.
 
Et là, 15 ans plus tard (enfin... 2 mois), vous devez tous trépigner. Sisi.
Alors pour vous faire patienter avant les tops des nouveautés de l'été puis de la rentrée, et reprendre en douceur (ah oui parce que vous n'aurez toujours pas le top de l'été aujourd'hui, on va vraiment vous escroquer jusqu'à la dernière seconde), voici une "petite" playlist de chansons et d'artistes plus ou moins récents qui ont hanté mes écouteurs et mes enceintes tout l'été.

  Voici un lien spotify pour la playlist entière, et si vous préférez, des liens youtube sur les titres des morceaux (de moins bonne qualité évidemment, mais vous aurez le droit à la dernière chanson, qui n'est pas sur les sites de streaming).
 
  Alors bonne écoute et à très bientôt pour notre top estival.
 
Alex




Tim Maia - Let's Have A Ball Tonight

  Une de mes découvertes de l'été. Avec soul, Brésil et psychédélique marqués sur la pochette, et un prix aussi dérisoire, je ne pouvais que me procurer cette compilation extraordinaire de ce type qui m'était totalement inconnu. Et si je le place en pole position de cette playlist, c'est bien pour que le plus grand nombre d'entre vous, qui n'iront pas forcément au bout de cet article, se jette au moins sur cette chanson. Car Tim Maia est un grand, un très grand. Ce soulman brésilien des 70's est au niveau de ce qu'on a fait de mieux aux US à l'époque, et je pèse mes mots. Son mélange de soul / funk / pop et de musique brésilienne, chantée soit en anglais comme ici soit dans sa langue natale, est tout simplement irrésistible. Je vous invite d'ailleurs à écouter une compilation de son œuvre, au moins pour y entrevoir la richesse de sa musique et l'étendue immense de son talent. A bon entendeur !
 


Oasis - Supersonic

  Un peu par hasard, alors qu'une copine m'avait demandé de faire une playlist de chansons des années 90 et 2000 pour une soirée qu'elle organisait, je suis retombé sur cette très bonne chanson de ce groupe qui m'a toujours fait une impression très mitigée, et dont a très bien parlé Vincent de La musique à papa (ici). Parfois, en musique il faut savoir rester dans le simple, le direct. La Pop quoi. D'ailleurs la playlist a eu son petit succès, plusieurs personnes de la soirée m'ont redemandé par la suite le titre de ce morceau ainsi que d'autres, et depuis nous nous échangeons régulièrement des morceaux. Pour briser la glace, et rassembler, pensez  donc Oasis. 
  Ca me fait penser qu'hier dans un bar, j'ai entendu Ramones, Talking Heads, Sonics, Stooges, Stones... Le paradis. De même, j'en ai parlé aux amis avec moi, je leur ai refilé les noms des morceaux passés ce soir-là par la suite, et depuis on cause Nick Drake etc... Replacer la musique dans son rôle social, de temps en temps, ça fait du bien. Rien que pour ça, merci les Gallagher.
 
 

Lee Hazlewood - Souls Island

  Le grand Hazlewood fait partie de cette catégorie très particulière de chanteurs pop, celle dans laquelle on retrouve des types comme Scott Walker (pas la pire donc). La luxuriance et la majesté de ses arrangements (sans une once de lourdeur) et son interprétation habitée le placent très haut dans mon panthéon. Avec ou sans Nancy.
Et tant pis si Etienne trouve ça trop arrangé ;)
 



Marvin Gaye - Let's Get It On / Come Live With Me Angel
 
  Je ne peux pas passer un mois sans écouter du Gaye intensivement, de toutes façons. Cet été, pour de très nombreuses raisons et dans des tas de circonstances improbables, j'ai énormément écouté ce somment de sensualité qu'est Let's Get It On. Et puis j'ai acheté I Want You, d'où est extrait le 2e morceau que je vous propose. Ecouter une fois de plus le plus grand chanteur de tous les temps ne peut être qu'une bonne idée, alors foncez.
 
  


Damaged Bug - Eggs At Night

  Plus je l'écoute, plus cet album à la croisée entre Eno, les Silver Apples, Kraftwerk, le psyché, le garage lo-fi et l'electro primitive des années 60 à 80, (mais sorti en 2014), m'enchante. C'est le genre d'album pour lesquels je me sis dit "celui-là, je crois que je l'attendais depuis toujours". Un vrai bonheur.
 


Miles Davis - Milestones

 
  J'ai écouté pas mal de jazz cet été aussi, et surtout énormément de Miles Davis. Alors choisir un seul morceau n'était pas évident. Pourtant, avec son énergie incroyable, Milestones s'est vite imposé. Si vous avez un proche qui n'aime pas le jazz, tentez ce morceau, ça devrait lui passer rapidement.
 



Hank Williams - Your Cheatin' Heart
 
  Le maestro de la country. Que dire de plus, à part que l'influence considérable de ce génie est plus que sous-estimée de nos jours, à fortiori en France.
 


Justice - Ohio

  A la faveur de nombreux trajets en voiture, j'ai pu écouter pas mal de choses. Et me rendre compte une fois de plus que les conditions d'écoute influencent énormément notre appréciation de la musique elle-même. Bref, je me suis fait 3 fois cet album dans une soirée, sur un trajet aller-retour, et j'ai kiffé. Electro-prog-rock ultrapop, la formule magique pour conduire tard ?



Kasabian - Underdog

  Cet album de Kasabian m'a tenu compagnie pendant presque tout l'été également, son mélange de clins d'oeils futés au passé mâtiné d'une énergie incroyable et d'une envie folle d'en découdre a fait mouche chez moi. Tout, du son aux compositions, à l'arrangement et à l'interprétation, me plaît. Dommage qu'ils n'aient réussi ce coup d'éclat qu'une seule fois. Grand disque.
 



Aphex Twin - Logan Rock Witch / Fingerbib

  Alors que le maître est de retour, il est bon de se replonger dans son œuvre. Pour ma part, c'est sur ce mythique Richard D James Album que je suis revenu ces derniers mois. Ca m'a fait repenser à la claque prise quand j'ai emprunté ce disque et Confield d'Autechre à la médiathèque, au collège. Le gamin snob que j'étais et qui ne jurait que par Lou Reed et Bolan n'a plus jamais craché sur les musiques électroniques depuis. Bon Kraftwerk avait fait le boulot en amont, mais quand même.
 


Tupac Shakur - If I Die 2Nite

  Un autre grand, dans un autre genre. Simple, efficace, habité, que demander de plus ? Si vous n'êtes pas trop hiphop, essayez de chasser vos préjugés quelques minutes et passez vous ce morceau. Je vous jure que ça vaut le détour.
 


Iggy Azalea - Walk The Line

  Comme indiqué un peu plus haut, j'ai été snob jeune. J'ai eu de la chance, car du coup ça m'est passé tôt. Et je n'ai aucune gêne à vous parler de trucs ultra mainstream, comme de cette demoiselle par exemple. Enfin ultra mainstream, oui et non... Avant de se retrouver en boucles sur les chaînes de clips, j'ai découvert Iggy via Tracks sur arte, pas forcément le genre d'émission qui passe en prime time (et c'est bien dommage). Tout ça pour dire que j'aime ce genre d'artistes, qui arrivent à faire le grand écart entre ultrapop outrageusement accessible et putassière, et démarche arty un peu plus trash, et qui détournent les codes de la musique formatée passant sur les radios commerciales pour proposer un son à la fois très 2014, très vendeur et néanmoins de qualité. Comme ce Walk The Line, qui n'est pas une reprise massacrée de Johnny Cash, je vous rassure, mais un bon morceau de hip-hop féminin, très pop au sens commercial du terme. Sans doute le meilleur morceau d'un album qui est certes bancal (j'en sauve 1/3), mais arrive à vendre de la qualité (le 1/3 de morceaux dont je parle). Bon, on ne va pas se mentir, ça n'est ni les Beatles ni Mobb Deep ni Etta James. Mais c'est frais, et on va s'en contenter. Que mes contradicteurs se tapent 1h de Skyrock, nrj ou fun, et on verra s'ils ne reviennent pas en courant vers Iggy.
 
 



My Bloody Valentine - Only Shallow
 
  Ce classique est énormément passé sur ma platine cet été. Et après toutes ces années, ce son... Non mais vraiment, il n'y a pas moyen de dire autre chose, Kevin Shields est un génie.
 
 


Real Estate - Primitive

   Autre disque estampillé 2014, ce Real Estate m'a enchanté depuis sa parution. Que je l'écoute en courant, en bossant, dans les transports, allongé les yeux fermés... C'est toujours le même frisson. Une certaine idée de la perfection pop.

 

Snoop Dogg - Gin & Juice / 7 Days Of Funk - Hit Da Pavement

  Je vais faire court : plus je réécoute Doggystyle, plus je me rends compte à quel point cet album compte musicalement pour moi, un très grand disque. Alors dire que je me le suis passé en boucle cet été serait un doux euphémisme. Et puis quoi de mieux pour se consoler des bouses que Snoop a sorti cette année en feat avec la lie de la muzak radiophonique, que de réécouter son excellent album, à l'ambiance nocturne si parfaite, sorti l'an dernier en compagnie de Dâm-Funk sous le nom 7 Days Of Funk ?
 
 



Killer Mike - JoJo's Chillin

  Marier l'IDM la plus déviante et joueuse avec le hiphop old school de haute volée n'est pas une idée qui me serait venue naturellement, je l'avoue. Killer Mike et El-P l'ont fait, et c'est divinement jouissif. Hats Off.
 


The Four Seasons - December 1963 (Oh What A Night)

  Eastwood a réussi son pari insensé : faire des Four Seasons le groupe le plus cool de 2014 (en tous cas pour moi). Je ne me lasse pas de réécouter leurs chansons, des merveilles baroques à la pop toute en harmonies vocales des débuts, au faste instrumental des enregistrements plus tardifs et au disco. Pourquoi ce morceau particulier alors qu'il y a tant de perles méconnues à exhumer chez eux ? Eh bien parce que je l'ai écouté beaucoup plus que les autres. D'abord il ouvre la BO de Jersey Boys que j'ai bien usée, et il passe très bien en soirée. Et réussir à faire écouter du Four Seasons à des amis n'a pas de prix, et rien que pour ça ce morceau de disco absolument dingue et irrésistible vaut tous les honneurs.
 


Walker Brothers - Lines

  Je parlais de Scott tout à l'heure, le revoilà. Avec ses faux-frères et un merveilleux morceau. Comme d'habitude avec lui, finalement.
 



Sébastien Tellier - Aller Vers Le Soleil

  Mon morceau préféré du dernier Tellier (que j'ai adoré)... Vous vous doutez bien que je l'ai énormément écouté celui-là. Cette francophonie naïve et touchante, cette manière de mélanger les arrangements les plus subtils aux synthés les plus outrageusement pouet pouet entendus depuis longtemps et surtout d'en faire quelque chose d'aussi beau, sensible et mélodieux.... Je me prosterne.
 


 
Arcade Fire - Haïti

  J'ai fait découvrir Arcade Fire à un oncle à qui je dois quasiment tout culturellement, et il a adoré. Ce dont je suis plutôt fier. Avant cela, je me suis refait tous les albums du groupe (que je connais par cœur mais vous savez ce que c'est quand on veut bien faire) pour être sûr de ce que j'allais lui refiler, et dieu que c'est beau, comme dirait l'autre. 


Elvis Presley - Wearin' That Loved On Look

  La chanson la plus cool de tous les temps ? Possible. Rien que de repenser à l'intro, la façon dont le break de la batterie introduit le refrain directement après, le chant de Presley, les arrangements soul et les chœurs, ça me fait frissonner. Immense chanteur, immense album, immense chanson.
 




Kinks - Big Sky

  Autre immense album qui ne m'a pas quitté de l'été. Et pour les amoureux de britpop, écoutez ce titre puis Parklife de Blur. Alors, c'est qui le patron ?
 
Réponse : Ray Davis
 


 
Portishead - Machine Gun

  Ce morceau absolument dingue finira dans toutes les anthologies sur la musique sortie depuis 2000, je vous le garantis. Il est déjà dans la mienne, et je l'écoute en boucle depuis la sortie de cet excellent Third.

 
The Résidents - Sinister Exaggerator

  Pas vraiment un tube de l'été au sens classique du terme, mais je ne suis pas vraiment un garçon lambda non plus. Alors écouter Duck Stab sur la plage ne m'a pas fait peur. En revanche, malgré mes efforts, je n'ai encore embarqué personne avec moi sur le vaisseau Résidents... Pas grave, ils ne savent pas ce qu'ils manquent. Je retourne écouter cette merveille.
 
 


 
Sinatra - What's Now Is Now

  Moi et Sinatra, c'est une grande histoire. Alors quand on rajoute Bob Gaudio dans l'équation, je ne peux que pleurer de joie. Tout comme vous à l'écoute de ce morceau, parmi les plus beaux jamais enregistrés.
 


 

Primal Sream - Movin' On Up

  Bon, ça n'est pas le tout mais l'été il faut s'amuser un peu aussi. Le brave Bobby est là pour ça, les Stones dans une oreille, l'acid house de Chicago dans l'autre, et le dancefloor en face. Parfait.
 
 


Ice Cube - When Will They Shoot
 
  Mais s'amuser n'empêche pas de garder un regard acéré sur les actualités. Cet album revendicatif, viscéral et il faut le dire, génial, du patron du hiphop version westcoast, sorti juste après un mouvement d'émeutes massif suite à des tirs arbitraires de policiers américains contre un jeune black, garde toute son importance alors que les Etats-Unis n'ont toujours pas tiré un trait sur leur passé ségrégationniste et que ces évènements se reproduisent, encore et encore, avec peu de signes d'améliorations.
 



Jay-Z - Izzo (H.O.V.A.)

  On reste dans le hiphop, mais plus léger. Jay sample ici MJ pour la plus grande joie de nos oreilles. Ce titre m'a collé aux oreilles tout l'été, et je suis le dernier à m'en plaindre.
 
 


John Cale - Mr Wilson

  Un autre génie absolu, qui touche ici la perfection pop. Album absolument démentiel, au passage.
 


The Damned - Stab Your Back

  Punks ? oui. Caricaturaux ? Jamais. Un des sommets de ce premier album insensé. Chaudement recommandé.
 
 


Kraftwerk - Computer World

  Souvent oublié quand on cite les grands Kraftwerk, cet album est pourtant un de leurs albums majeurs. Il peut même prétendre à la pole position, sisi. Il n'y a qu'à compter le nombre de genres musicaux qu'il a inventés ou transfigurés en l'écoutant. Non, vous n'avez pas assez de doigts. A chaque écoute, il me fascine davantage. Un chef-d'oeuvre absolu, et je n'utilise pas ces mots à la légère.
 
 


Damon Albarn - The Selfish Giant

  Décidemment 2014 est un grand cru. Et cette livraison d'Albarn aussi. Difficile d'en extraire un titre. J'ai choisi celui-ci pour ses sonorités résolument modernes, mais ils mériteraient tous d'y être tant je les ai écoutés.
 
 


James Brown - I Don't Want Nobody To Give Me Nothing

  Encore un qui, je l'espère, sera énormément réécouté suite à la sortie d'un film. De mon côté, j'ai bien usé mes Live At The Apollo, Soul On Top, Sex Machine, The Payback, Black Caesar... cet été. Avec une mention spéciale pour ce morceau qui me revient très souvent en tête.
 
 


The Beatles - It Won't Be Long

  J'ai profité de l'été pour réécouter les albums des Beatles dans l'ordre, et les faire découvrir à Etienne par la même occasion (on en est à Magical Mystery Tour là). Et je profite de cette playlist pour redire à quel point je ne suis pas d'accord avec ceux qui dénigrent les premiers albums des Beatles. Il y a des merveilles par poignées, sur chaque album, et ce bien avant Help!, les gars. Comme cette chanson qui me coupe le souffle à chaque fois. De la pureté, de l'envie, de la simplicité, de la beauté, de l'harmonie, de la fraîcheur, de l'honnêteté, de l'authenticité, et ces quatre-là ont marqué avec leurs chansons nos vies pour l'éternité. Quand j'écoute ça, j'ai du mal à trouver un équivalent en termes d'alchimie, dans toute l'histoire de la pop. Tout est juste parfait. Du début à la fin. Une leçon.
 
 
  En espérant que cette playlist vous ait plu, j'attends vos avis de pied ferme. Bonne écoute et à très bientôt.



Alexandre
 
 

mardi 5 août 2014

La sélection du mois de juillet est en vacances !

     Ne vous inquiétez pas, nous n’avons pas oublié notre sélection du mois de juillet, mais en ces temps de vacances ( en l’occurrence de job d'été ! )  nous avons pris un peu de retard sur notre liste des sorties, pourtant peu nombreuses, du mois de juillet. Mais pas de panique, pour vous proposer une vraie sélection de qualité, nous allons vous concocter une sélection des sorties de cet été regroupant les mois de juillet et août. Ce sera peut être aussi l'occasion pour cette rentré du blog de vous annoncer quelques projets que nous vous avons préparés !


Alexandre & Etienne


mercredi 23 juillet 2014

Traams - Cissa ( 2014 )


     Après un EP puis un album sorti au cours de l'année 2013, le trio indie rock anglais signé chez Fat Cat Records ( label ayant hébergé Animal Collective )  sort un nouvel EP en ce mois de juillet. Pas de changements dans le son : c'est toujours aussi bon ! Sous cette vague étiquette indie rock se dissimule en fait un mélange de punk pour le côté explosif et archaïque, de krautrock pour le versant psyché et par ses rythmes et de rock 00's pour la forme musicale. On navigue alors entre Pavement, Sonic Youth, Temples ou The Strokes, mais avec ce côté branleur propre aux anglais. Les morceaux sont ainsi vites torchés, par peur de la monotonie peut être, là encore on ressent l’influence du punk. Pourtant leur look, bien loin de celui de Richard Hell, inspire plutôt celui des Weezer.
     L'EP nous emmène par ses quatre premiers morceaux entre punk et rock, puis le virage s'effectue sur les deux derniers titres pour finir sur une note beaucoup plus krautrock, donc psyché, donnant une autre tournure plus profonde à leur travail. 


Se détache de ces 5 titres le plus tubesque Selma, faisant penser à un bon Strokes en plus incisif et plus spontané, plus punk en soi !


Le groupe ne révolutionne donc rien dans son genre, mais le sublime d'un chef d'oeuvre de plus et le fait perdurer dans ce monde de débâcle commerciale. Mais ne soyons pas trop mécontent, ce mois de juillet 2014 semble être un excellent cru pour le rock, alors profitons en. 

Pour écouter :

Pour plus d'infos :

Etienne


dimanche 20 juillet 2014

I'll Never Smile Again - Tommy Dorsey & his Orchestra Feat Frank Sinatra & the Pied Pipers ( 1940 )


     Pour continuer dans les vieilloteries, plongeons nous en l'an 1940 pour les débuts de Frank Sinatra, qui commence alors sa carrière en tant que soliste dans l'orchestre du tromboniste état-unien Tommy Dersey, le 26 janvier 1940. C'est en posant sa voix dans l'orchestre qu'il se fait ainsi connaitre et son premier grand succès sera alors I'll Never Smile Again enregistré cette même année 1940 avec le groupe vocal The Pied Pipers chez RCA Victor. Ce titre resta d'autant plus dans l'histoire car il fut le premier à être N°1 dans le tout nouveau classement des meilleurs ventes de disques publié par le fameux magasin Billboard ( il le restera 12 semaines ), dont le premier classement sortit le 20 juillet 1940 et dont nous fêtons l' "anniversaire" aujourd'hui même. Ce Music Popularity Chart, qui paraîtra alors de façon hebdomadaire, fait suite aux  Hit Parade qu'ils firent paraître à partir du 4 janvier 1936. 


Tommy Dorsey et Frank Sinatra
au RCA Studio de Nashville en 1941
     Pour ce qui est de Frank Sinatra, il restera 2 ans dans l'orchestre de Tommy Dorsey, y enregistra une centaine de morceaux dont de nombreux tubes qui lui permettront de se lancer dans sa légendaire carrière solo, qu'on lui connait, à partir du 19 septembre 1942.


Etienne

lundi 14 juillet 2014

Frankie Valli & The Four Seasons - Can't Take My Eyes Off You Live 1967

 
  Je ne vais pas faire dans l'originalité, mais comme un certain nombre d'entre vous (pas tant que ça apparemment vu le peu de programmations...), je suis allé voir le Jersey Boys de Clint Eastwood au cinéma la semaine dernière. Je ne vais pas vous faire la chronique détaillée du film ici, sachez juste que je l'ai énormément apprécié, qu'il m'a ému comme aucun film ne l'avait fait depuis un certain temps maintenant. Alors oui, il y a des petits défauts, certains choix scénaristiques ou de mise en scène peuvent être discutés (mais c'est tout le temps le cas non ?), et de manière générale je me suis fait la même réflexion qu'à chaque film que j'ai vu récemment, c'est-à-dire "Il manque une heure, une heure et demie à ce film".
 
  A ce propos, je ne sais pas si ce sont les codes de Hollywood (la masse a du mal à ingurgiter un film de plus de 2h30, sauf si c'est un Peter Jackson, au moins un qui arrive à s'imposer sur ce point-là), ou l'effet des séries qui développent de plus en plus des narrations ambitieuses et ce sur un temps beaucoup plus long, mais le constat est là. Je trouve la plupart des films un peu bâclés. Généralement la mise en place est bonne, et puis au milieu ou aux trois quarts du film, tout se précipite et des évènements ou situations qui auraient mérité d'être développés se retrouvent bouclés en 20 minutes avant le dénouement. Mais c'est hors-sujet.
 
  Donc bref, j'ai adoré Jersey Boys, pour tout un tas de raisons. Et avant tout pour la musique sur laquelle se base le film. C'est à dire celle des Four Seasons. Pour être plus précis, celle de Bob Gaudio, souvent cosignée par le producteur Bob Crewe en tant que parolier, et incarnée par Frankie Valli, le charismatique chanteur lead du groupe. Cette musique, directe, accessible, pop, sans détours, sans embrouilles, peut être résumée ainsi : une mélodie qui tue, un chanteur phénoménal, un groupe impeccable, des arrangements ciselés et des chœurs divins. Un peu les mêmes ingrédients qui m'ont fait adorer la pop baroque/psyché/sunshine des sixties triomphantes, et qui font tout le sel de cette pop américaine de très grande classe. Un peu dans la lignée de ce que Sinatra a fait dans ses grands jours (son sommet Watertown a d'ailleurs été en partie composé par Gaudio), avec des chœurs divins (pensez Beach Boys), et un Frankie Valli hallucinant vocalement, entre falsetto haut perché et chant plus grave et rugueux, comme un croisement entre le Sinatra crooner et une version blanche de shouters rythm'n'blues à la James Brown. Fascinant.
 
  Je pourrais vous parler de nombreuses chansons issues de cette formule magique, mais celle qui m'obsède le plus en ce moment, que j'écoute au moins quinze fois par jour dans trois ou quatre versions différentes, que j'ai en tête toute la journée et que je chantonne au travail, c'est celle-ci. Can't Take My Eyes Off You.  Qui apparaît dans une scène-clé particulièrement émouvante du film, d'ailleurs. Et que vous connaissez sûrement dans une autre version (au hasard, Gloria Gaynor, disco). Mais oubliez tout ça, et mettez ce live pour une émission de télé, de 67.

  La chanson d'amour parfaite non ? Si vous n'avez pas les yeux qui brillent, c'est que vous êtes probablement atteint d'un degré assez élevé d'insensibilité (le même test fonctionne avec I am the Cosmos de Chris Bell). A la fin d'une telle chanson, personnellement, je ne peux que sourire bêtement, les yeux un peu humides, claquer des doigts éventuellement. Avoir envie de déambuler seul sous la lumière des lampadaires à Nantes. Appeler un proche, lui envoyer un message d'amour. Aller dans un bar et offrir un verre à qui j'y rencontrerais. Ressentir ce mélange de bonheur béat et de mélancolie lucide qui fait les grands moments de l'existence.
 
Allez, filez m'écouter ça. Et appuyez sur repeat s'il vous plaît.
Et puis si vous êtes sages on parlera de Sherry, ou de Watertown...
 
 
 
Alexandre
 
 

lundi 7 juillet 2014

Pete Drake And His Talking Steel Guitar - Forever (1964)

 
 
  Un classique, que dire de plus ? Avec sa Talking Steel Guitar, Pete Drake était (sans le savoir ?) un pionnier du son. 1964 ! C'est fou quand on écoute ça non ? Les prémices de la talkbox, à la Zapp & Cie, des triturations vocales omniprésentes désormais (Kraftwerk, Daft Punk, Moroder, le vocoder, l'auto-tune, James Blake, même Coldplay et Bon Iver...), mais incroyables à l'époque. Exceptés quelques chercheurs de sons barrés et géniaux (Joe Meek...). En revanche, niveau genre musical, ici on ne fait ni de l'électro, ni du funk synthétique mais de la pop américaine (doo-wop/country/folk). Et il ne s'agit pas que d'un gadget sonore, le morceau est très bien composé, arrangé et interprété. C'est de l'orfèvrerie pure.
 
La grande classe.
 
Filez m'écouter ça.
 
 
Alex

dimanche 29 juin 2014

La sélection du mois ( Juin 2014 )

La sélection du mois - JUIN 2014 :


ALBUM DU MOIS :
MR FLASH - SONIC CRUSADER
Alex : Après de nombreuses années d'attente, Mr Flash sort enfin son 1er album. Valait-ce le coup de patienter aussi longtemps ? Cette question rhétorique était-elle écrite dans un français correct ? Et bien la réponse est oui, mille fois oui (et pour l'autre question, cherchez dans un Bescherelle, je ne vais pas vous mâcher tout le boulot). Electro, Disco, Funk, ElectroFunk, Pop, rnb et Hiphop se télescopent ici avec maestria et sans prise de tête, dans un disque résolument urbain, moderne, très intelligent, ludique, accrocheur, et sexy (voire lubrique). De plus, le disque est un vrai bloc, d'une homogénéité assez dingue, on a l'impression d'entendre un vrai récit sonore, une histoire qui se déroule au fil de l'écoute. De fait, l'album dégage une impression de grandeur et d'ambition assez dingue. Je reste soufflé à la fin de chaque écoute. La classe.

Etienne : Voilà un son dont la provenance de chez Ed Banger ne fait aucun doute. L'ultra production commerciale mais qui déchire tout sur son passage, les origines french tuch, le caractère single de chaque morceau de l'album et la capacité à faire danser quiconque se trouvant sur le passage de ces fréquences  : tout y est ! Mr Flash nous concocte alors de la musique fm 80's puis nous emmène 90's, le tout électronisé à la façon 00's/10's pour rendre l'album d'une actualité toute fraîche. Il emprunte alors dans tous les styles musicaux, pour brosser toutes les fréquences de l'auto radio. Mais c'est récurrent sur ce label, dont le nom vient de tout de même nos amis les metalleux. Ce n'est d'ailleurs pas sans rappeler, dans l'esprit, le dernier album de Justice électronisant lui du rock/hard rock 80's. La aussi ils réutilisent une production devenue "kitsch" pour se l'approprier et l'actualiser. Alors à la question d' Alexandre je répond un grand : OUI ça valait largement le coup d'attendre.

 

CHANSON DU MOIS :
 
LANA DEL REY - SHADES OF COOL
 

Alex : Je ne suis pas du tout fan de ce qu'elle fait en général, mais cette chanson produite par Dan Auerbach possède quelque chose. Un feeling qui me rappelle la BO du Blanche Neige de Walt Disney (ce qui pour moi est un compliment, hein, elle est magnifique cette BO). Comme quoi, quand elle reste tout en retenue, qu'il y a de bons musiciens derrière, et qu'elle ne cherche pas à faire que de l'image pour vendre, elle est capable d'être une bonne chanteuse.
Etienne : Rien à dire le morceau est magnifique. D'une maîtrise époustouflante. J'y vois plutôt une BO d'un James Bond des 70's grâce a une alternance d'envolées de guitares acides et de sa voix sensuelle et planante. 


Morceaux :
  • Hiphop/Rnb :

    Apollo Brown - The Answer   COUP DE COEUR
    Alex : Pur chef-d'oeuvre d'abstract hiphop, digne du meilleur des musiques de films, avec orchestre classe, chœurs divins, craquements de vinyle, piano émouvant et beat hiphop mélancolique. Le producteur se fend là d'un chef d'œuvre intemporel capable de toucher absolument n'importe qui, et qui touche au sublime. On reste sur le cul.


    Madlib - Black Dreams (Sludge Fight)
    Alex : Extraite de son projet Rock Konducta, qui passe oldies psyché, électro ou kraut à travers son filtre hiphop, cette track est excellentissime. Ce type est décidemment très très doué. Et ça donne très envie d'écouter la suite. A écouter aussi, dans le même album "Hold The Organ".
     
    Alex : Flows sublimes, très bon chœurs, instrumental magique, proche de l'abstract, tout en subtilité, chant féminin divin.... On tient là un des potentiels meilleurs groupes de hiphop du moment. A écouter d'urgence, et à suivre de très très près.


    Snoop Dogg & Doug E. Fresh - Lodi Dodi Live
    Alex : Loin des rechutes mainstream dégradantes (avec l'affligeant Psy...), cette prestation roots, quasi a capella, nous réconcilie avec ce Snoop qui a décidemment une carrière en dents de scie. Mais des hauts comme ça nous font pardonner tous les bas. Quel feeling, quel flow. Très classe.

     
    Alex : Quelque part entre rock et rnb élégant, Miguel continue de tracer sa route avec intelligence avec ce morceau, une fois de plus très réussi, qui prouve son ouverture d'esprit et tout son talent. On applaudit.
    Alex : Drake nous sort là une très bonne chanson, en 3 parties. 1) Instrumental hiphop sombre, sur un sample funk rendu inquiétant, rap roots et agressif. 2) Nappes synthétiques, chant rnb, rap poétique, du (bon) Drake classique. 3) La même mais en plus distordu, chant à la James Blake, avec effets typiques du bonhomme, ça semble être un sample, il faudrait que je retrouve de quel morceau. En bref : somptueux de bout en bout.
    Alex : L'excellent rapper Common a dévoilé deux titre de son prochain album, à paraître bientôt. Entre le gospel de Kingdom et la BO martiale de War, il y en a pour tous les goûts, mais c'est toujours fait beaucoup de talent. On a hâte d'entendre la suite !  
    Alex : Entre rnb moderne et pop synthétique outrancière eighties, un peu à la manière de La Roux, cette chanson est parfaite dans le genre. Mais si, vous aussi vous rêver de la passer à fond dans la voiture, fenêtre ouvertes et lunettes de soleil, et gueuler les "Boom Clap, you make me feel good come on to me come on to me nooow" en chœur avec Charli. Comme moi, assumez, réveillez le kéké des plages qui sommeille en vous, et faites-vous plaisir en appuyant sur play. Cette chanson institutionnalise presque la rubrique "plaisir coupable rnb mainstream du mois", après la mort de "les papis du disco font des remixes too much" (ces derniers temps, Moroder sort des trucs tellement nuls que je ne peux plus mettre de liens ici).


    Uzi - Money
    Alex : En parlant de plaisirs coupables. Une chanson (ou plutôt presque un gimmick en boucle pendant 2'35") qui reste bien dans la tête. Ca sent l'été, la régression à plein nez, c'est assumé, et ça me plaît bien dans cette optique. Ce petit piano pop 70's vous restera dans la tête aussi si vous cliquez sur play.

     
  • Rock :
The Vaselines - One Lost Year
Alex : Une excellente chanson, dans la plus pure tradition du rock indé burné. C'est de la bonne, foncez !

Robert Plant - Rainbow
Alex : Premier extrait dévoilé du prochain album de l'ex-Led Zepp'. Et je vous le dis tout de suite, je m'attendais à un truc pataud et gras, j'étais prêt à le démonter sur place, mais j'ai été plus qu'agréablement surpris. La saturation des percussions au début du disque sonne très moderne, la voix est plutôt dans la retenue que dans le criard, et le morceau est d'une richesse musicale assez impressionnante, on y entend énormément de (bonnes) choses. Etonnant. Bon, en revanche, trop d'échos sur la guitare (et un peu partout aussi), plus trop de "ouhouhou" et de pathos dans la fin du morceau font un peu penser à du (mauvais) U2. Mais le morceau démarre très bien et se révèle au final plus qu'honorable, malgré ces petits bémols.
  • Pop :

Of Montreal (aka Hammer Throw) - Young Champion
Alex : Chanson composée par la troupe de Kevin Barnes pour les besoins d'un film qui rend un hommage nostalgico-humoristique aux années 1980-90 (le scénario, qui a l'air bien drôle, c'est un gamin paumé et timide qui arrive dans une nouvelle ville et doit devenir le champion de pingpong pour avoir la fille, vous voyez le topo). Et on sent tout de suite magnifiquement le pastiche glam de la musique de l'époque (entre rock indé presque grunge, hard FM glam, et synthpop, avec des accents presque Queen et Bowie dans le chant...). Aussi hilarant que le costume de Barnes dans le clip. Et comme Of Montreal est incapable d'être mauvais, ils sortent une fois de plus une chanson irrésistible, qui peut s'approcher à la période Hissing Fauna..., en plus caricatural (c'est le but assumé, pour coller au film). Excellent, et très drôle, dans le genre autodérision.

Alex G - Boy & Harvey
Alex : Eh non, il ne s'agit pas de mes œuvres solo personnelles (j'aurais adoré atteindre ce niveau ceci dit), mais ces chansons sont l'œuvre du confidentiel pennsylvanien Alex G. Si vous aimez Pavement, Mac DeMarco, Grandaddy ou Avey Tare (ou Animal Collective), cette pop US débraillée, mélodieuse, inventive et joyeusement lo-fi est faite pour vous. Excellent !

 
Alex :  Un des groupes les plus hype du moment, et surveillés de très près par nova et compagnie, à juste titre d'ailleurs. Ce morceau est très accrocheur, un genre de Earth Wind & Fire new wave post-Klaxons et post-NERD. Pour rappel, un autre morceau dans la même veine, avec un petit côté 70's en plus, Busy Earnin'. Si le chant était un peu moins monotone (c'est loin d'être aussi chiant que Woodkid, n'ayez pas peur), et si il y avait un peu moins de reverb et d'écho, je crierais presque au génie. Mais ça n'est pas le cas, et si on ne tient pas là de next big thing (il faut rester raisonnables les gars), on a un groupe solide capable de confectionner un nombre impressionnant de petites pastilles acidulées de ce genre. C'est déjà pas mal.

The New Pornographers - Brill Bruisers
Alex : Une chanson estivale, pleine de chœurs de partout, et finalement très britpop 90's, avec tous les excès et le plaisir d'écoute que ça implique.


Jessie Ware - Tough Love
Alex : Entre rnb vaporeux et electro minimaliste, on tient là une chanson presque aussi entêtante qu'un Blood Orange par exemple. Très agréable.

  • Electro :

The Juan Maclean - A Place Called Space   COUP DE COEUR
Alex : L'excellent duo de John Maclean et Nancy Whang revient avec un nouvel album pour très bientôt, et a déjà offert à nos oreilles ce très bon extrait, entre Moroder, new wave, house, électrorock façon DFA, et électropop façon MGMT du début. On en redemande !


Caribou - Can't Do Without You
Alex : 1er extrait de l'album Our Love, prévu pour le 7 octobre, ce titre sonne comme un remix house post Jamie XX d'un titre soul, sous forme d'un long crescendo. Envoûtant.
Etienne : En voilà un single qui annonce un album très excitant. On y retrouve Daniel V. Snaith dans sa peau de Caribou au plus grand de sa forme. A suivre donc.  
Alex : Inquiétant morceau de techno, lent et hypnotique, qui présage de très bonnes choses pour l'album prévu ce mois-ci.

Coyote - Act Like You Know 


The Bug - Fuck A Bitch (feat. Death Grips) et Save Me (feat. Gonjasufi)
Alex : Deux facettes, une plus agressive et une plus vaporeuse, du futur album du producteur. A suivre de près.

Luke Abbott - Free Migration
Alex : Excellent début de morceau, tout en crescendo. Le travail sur les textures et les couches de son est phénoménal, le morceau très mélodique. Mais une deuxième moitié de track en demi-teinte malheureusement, trop de lasers (vous comprendrez à l'écoute) et de répétitions.

Alt-J - Hunger Of The Pine
Etienne : Alt-J, dont vous n'avez surement pas oublié leur premier ayant eu l'effet d'une bombe atomique en 2012, restant accroché de nombreux mois, comme un vieux bout de scotch, sur les ondes de radio Nova. Entre temps le bassiste et guitariste du groupe a décroché, passant l'ensemble de quatre à trois membres. Toujours est il qu'ils ont dévoilé ce mois-ci un single de leur deuxième album à sortir le 22 septembre prochain. Pour ce qui est du morceau il est plus électro, tant dans la forme avec un sample de Miley Cyrus notamment ( quoi encore elle ? Mais ne vous inquiétez pas il passe très bien ) ou l'utilisation des boites à rythmes plutôt que des batteries, que dans la construction en boucle. Malheureusement, la perte de leur guitariste se fait terriblement ressentir sur ce morceau, passant d'une électro folk simple et minimaliste, où le duo entre le batteur et la guitare fonctionnait à merveille, sublimant la voix du chanteur, à de l'électro pop sympathique mais bien fade et sans esprit, perdant la simplicité des ambiances. Et ce n'est pas les quelques phrases chantées en français qui réussissent à sauver le navire, malgré ce détail très réussi. J'espère sincèrement que le reste de l'album soit de meilleur facture, d'autant que 3 mois avant la sortie, l'album est très certainement déjà bouclé.

Alex : Alors pour commencer, je précise que je n'avais apprécié que modérément leur précédent album. Je le trouvais évidemment bon, j'aimais beaucoup certaines chansons (celle sur Capa dont j'ai oublié le titre en premier lieu), mais j'accrochais moyennement. Juste question de feeling, je trouvais la musique trop calculée, faussement plaintive. Enfin je n'avais pas forcément de connexion émotionnelle avec, ce qui me fait dire ça. En revanche, ce morceau là passe très bien, l'ambiance s'y installe progressivement, les échos trap sont intelligemment utilisés de façon pop (la trompette à la Hudson Mohawke et le beat me plaisent bien). En revanche, petit bémol, je prédis une durée de vie assez courte à ce morceau. Enfin moi il me lassera vite. Mais c'est bon. Un peu dans la continuité de ce que me fait le groupe donc. Bien mais sans étincelle de mon côté. Mais c'est déjà beaucoup.

  • Chanson Française :
Daho - En surface ( Rone Remix )
Etienne : Le producteur français remix un titre du dernier album de Daho, pour faire d'un titre de chanson française pop rock un morceau dream pop avec ses échos cosmiques. Il en profite ainsi pour doubler la durée du titre,  en rajoutant une introduction, conservant  intègre le chant de Daho dans le corps du morceau, pour finir sur une envolé électronique, créant une lente montée en ambiance. Un petit bémol sur un détail de la  production :  les "s" de Daho sont très acide et défoncent les oreilles, c'est très désagréable ( au casque en tous cas ).
Alex : Très réussie, cette version vaporeuse de la déjà très bonne chanson de Daho force le respect. J'adhère tout à fait.

  • Electrofunk :
Nao vs. A.K. Paul - So Good         COUP DE COEUR
Alex : Ce morceau électrofunk que j'aurais presque pu classer en rnb porte très bien son nom. Son groove synthétique mais non dénué de guitares rappelle Prince, Outkast, Delegation... C'est très bon. Et puis y a une classe presque gospel dans les voix. Non, vraiment, c'est excellent.

Devonté Hynes - Palo Alto
Alex : Devonté continue à tutoyer des hauteurs princières, avec cette jolie ballade issue de la BO du Palo Alto de Gia Coppola et James Franco. Très beau.





Albums :

ON A ADORE :



Andrew Bird - Things Are Really Great Here, Sort of...   COUP DE COEUR
Alex : Bird déploie ici une country-folk aérienne et majestueuse, d'autant plus passionnante qu'elle est très épurée, proche de l'os, toute en émotion, et très moderne dans sa production. Une guitare, une batterie (ou pas), un violon de temps en temps, et les magnifiques chœurs féminins qui vous touchent plus que de raison. Magnifique. Dépressif et à la fois amer  (ce titre d'album génial) et mélancolique il se faut, on pense à Gram Parsons, Gene Clark, Sonny & The Sunsets... Et cela me rappelle aussi, en moins aventureux, le magnifique traitement de choc subi par le folk chez les Dodos de Visiter (très grand disque). Tout cela veut dire beaucoup, en termes de qualité, pour ce Things Are Really Great Here, Sort Of... Pour tout dire, je suis à deux doigts de le mettre disque du mois.


Etienne : Premier album du duo parisien qui sort en ce début de mois de juin sur le label Cracki Records ( + Parlaphone ). Il vous émerveillera par sa dream pop atmosphériques et rythmée, mélangent les genres dans une danse gracieuse pour invoquer le dieu du rêve ( je parle bien sûr de marchand de sable et de son compagnon Oscar ).




The Roots - ... And Then You Shoot Your Cousin
Alex : Un très bon retour des Roots. Aucun mauvais morceau, de vrais bons titres, un tout ultra cohérent, à la fois immédiat et de grande qualité. Franchement, c'est la grande classe. Bon, je dois vous avouer que je m'attendais à un peu plus d'ampleur, l'album est très court, et très calme, posé. Ce n'est pas une mauvaise chose, ceci dit, ça n'est juste pas la tarte dans la tronche du siècle à laquelle je m'attendais. Mais il reste un excellent disque, un des plus réussis de 2014.




Jack White - Lazaretto 
Alex : Rock, Country, Folk, Blues, Hiphop, (... et j'en passe !) Jack tente ici absolument tout en même temps, dans un élan créateur rageur et ludique qui aboutit à un album très impressionnant et surprenant. Pour moi qui préfère le bonhomme quand il a envie d'en découdre, le bonheur est total.




Little Barrie - Shadow
Alex : Cet excellent groupe que j'ai énormément de plaisir à suivre depuis quelques années maintenant, à encore sévi, et le verdict est sans appel : ces gars-là sont incapables de sortir quelque chose d'inférieur à très bon. Le disque est rageur, très rock, entre garage, funk, noise rock, post-punk, rock indé, psyché.... Et avec la classe vocale du chanteur et la production parfaite, on peut presque parler d'un Last Shadow Puppets version rock indé (putôt que pop sixties orchestrale donc). Presque, pas tout à fait encore.






The Antlers - Familiars
Alex : La délicatesse et la préciosité de cet album m'évoquent (en évidemment moins réussi, mais est-ce seulement possible dans le genre ?), le chef d'œuvre Veckatimest de Grizzly Bear. Vous savez, cette pop fragile, d'obédience plutôt post-punk, qui n'hésite pas à étirer les morceaux dans des ambiances aussi déchirantes et lancinantes que feutrées et planantes, passant d'un extrême à l'autre par d'habiles changements de rythme. On ne peut pas encore parler de chef-d'oeuvre, mais c'est vraiment un très très bon album, et je suivrai désormais ce groupe avec énormément d'attention.





Alex G - DSU
Alex :  Un très bon album de pop indépendante (mais vraiment hein, c'est un quasi inconnu, et l'album est sur bandcamp), à la fois branlante (comme Pavement et consorts), et divine qualitativement parlant. Et je ne dis pas ça parce que son nom est proche du mien. Allez jetez une oreille ou deux sur le bandcamp de cet américain bourré de talent.




Gruff Rhys - American Interior
Alex : De la pop aux mélodies imparables comme on voudrait en entendre plus souvent. C'est très très beau car à la fois simple (la formule est classique) et hyper travaillé en termes d'arrangements, d'harmonie... Je pense notamment au magnifique morceau-titre, mais franchement aucun n'est en retrait. Un grand disque qui rappelle pas mal de génies anglais plus ou moins déglingés (Andy Partridge, Damon Albarn, McCarney...). Un des meilleurs albums pop de 2014, pour sûr. Mais puisque j'aime pinailler ce mois-ci, j'ai un peu de mal avec la production un peu trop grosse parfois (cet écho systématique sur le piano et la batterie), et la façon dont sont utilisées certaines boîtes à rythmes et certains synthés me dérangent. Mais oubliez ça et foncez sur ce très bon disque !




Machine Girl - WLFGRL
Alex : Un album sans concession, entre jungle, footwork, trap, drum'n'bass et techno basse du front, qui invite l'auditeur à headbanger violemment au sein de cette rave régressive. Repoussante, fascinante, cette musique, à la fois violemment de notre temps et en même temps très référencée, ne laisse pas indifférent. Mais le repos n'est jamais loin, ce n'est pas un assaut continu tout au long du disque, de nombreuses plages plus posées sont dispersées pour permettre au non-initié de survivre à l'écoute du disque. Lessivant, mais impressionnant.





Death Grips - Niggas On The Moon
Alex : Passé le choc des débuts, ce groupe prouve album après album son talent en se renouvelant sans cesse et en refusant de rester dans une formule de hip hop indus hardcore trop étriquée. Ils repoussent une nouvelle fois les frontières de leur genre avec talent. Bravo les gars. 





Chrissie Hynde - Stockholm
Alex : Un charmant disque, malgré une production parfois un peu datée. Pas révolutionnaire, mais attachant grâce au charisme inaltérable de Chrissie. Diable, c'est accrocheur, bien fait, entêtant... De la pop de bonne facture, honnête, faite par des pros du genre. Quasi de l'artisanat donc. Très cool.





ON A APPRECIE :





Klaxons - Love Frequency
Alex : Cet album n'est pas mauvais, je tiens à le préciser. Mais s'il est dans cette catégorie et pas dans les "on a adoré", c'est pour une bonne raison. En effet, j'adore les Klaxons en général, leurs deux premiers et leur EP m'avaient conquis à l'époque, et depuis je ne cesse de réévaluer ces albums à la hausse. Autant dire que j'attendais ce petit nouveau de pied ferme. Hélas, il est bien moins inspiré que ses prédécesseurs, les Klaxons se sont un peu perdus en route. Après un tonitruant premier album redéfinissant ce qu'on appelle l'électro-rock (terme un peu dégradé depuis l'éclosion d'horreurs comme Shaka Ponk et compagnie, mais les Klaxons c'était la grande classe), un second album plus rock, ils tentent là un virage plus électro et moins sombre, plus commercial. Et ça fonctionne, parfois, les morceaux sont plutôt efficaces dans leur ensemble. Le problème ? Il y a beaucoup trop de morceaux faibles, et à part "Children Of The Sun", aucun morceau indispensable ici. Un drame pour un groupe qui pour moi n'avait encore sorti aucun morceau mineur. Bref, grosse grosse déception, même si l'album n'est pas non plus mauvais et qu'aucun morceau n'est une bouse. Mais juste trop quelconque pour le talent de ces gars-là. Je repars siffloter ces morceaux sous la douche, avec joie tout de même. J'aurais préféré headbanger et sauter partout, en sueur, tout seul comme un con, mais pour ça il faudra repasser Myths Of The Near Future.






Pro Era - The Shift EP
Alex : Un très solide EP sorti sous le nom de Pro Era, qui n'est autre que le collectif de Joey Bada$$ (et CJ Fly, Kirk Knight, Nyck Caution, A La Sole, Dessy Hinds, Chuck Strangers, Powers Pleasant, The 47s (Dirty Sanchez, Roka-Mouth, J.A.B and Jakk The Rhymer). Les instrumentaux sont minimalistes, efficaces, bien dans leurs temps, jamais vulgaires, et les flows de tous ces MCs impeccables. Ca fait plaisir à entendre.




Kasabian - 48:13
Alex : Depuis le sommet West Ryder Pauper Lunatic Asylum, Kasabian est quelque peu sur la pente descendante. Musique de plus en plus facile et bourrine (retour à la case départ quoi, la fraîcheur en moins). Cependant, ce groupe reste attachant, et cet album très agréable à l'écoute. Un plaisir simple mais réel. Et puis ils partent de haut, alors redescendre un peu ce n'est pas trop grave encore, on leur pardonne, et on retourne sautiller sur ces joyeux bangers électro-rock.




The Pains of Being Pure at Heart - Days of Abandon
Alex : Après la pop grungy des nineties, le groupe s'intéresse à la pop  lumineuse, pétillante et décomplexée des eighties (avec des mini-emprunts au shoegaze, cf le single). Et ça fonctionne plutôt très bien. Des titres hyper accrocheurs et réussis côtoient d'autres moins indispensables mais sympathiques, dans un ensemble cohérent, frais et accessible, pour notre plus grand bonheur.




Fucked Up - Glass Boys
Alex : Alors, je dois vous avouer que je déteste le genre musical abordé par ce groupe, cet espèce de punk hardcore popisé américain issu de la couenne des nineties. En revanche, ce disque passe tout seul, et malgré le fait que je n'arrive pas à rentrer immédiatement dedans, le simple fait que j'apprécie ce disque (et pas qu'un peu !) tient du miracle, et prouve que ces types planent bien au-dessus du lot de brailleurs, (je sais, cette phrase est un cliché débile mais j'assume) qu'ils ont une vraie identité, une réelle richesse musicale. Et bien évidemment ce n'est sûrement pas le seul groupe du genre à être intéressant, je suis ouvert à vos propositions en commentaires, éclairez-moi sur cette musique, ça me fera très plaisir. Ayez pitié du pauvre béotien que je suis. Pour conclure sur le disque, un vrai bon skeud, que je juge vraiment très bon et qu'en plus je dévalue forcément un peu car le style me repousse.





Michael Jackson - XScape
Alex : En ces heures de commémoration de la mort de ce géant, il m'est semblé opportun d'écouter cet "album de remixes de prises de voix de Michael", comme il aurait dû être présenté. De plus, "Love Never Felt So Good" (écrite avec Paul Anka) me plaît énormément, avec ou sans Timberlake (comment peut-on ne pas sortir un titre pareil ? C'est dingue de qualité pour un fond de tiroir). Verdict : les producteurs ont fait un excellent travail en respectant le style musical Jackson, de la grande période (avec Quincy donc), au rnb des dernières années (à réévaluer), mais aussi en se permettant des libertés pour moderniser le tout. Et tout ça dosé avec justesse. Bon par contre, à part le single, aucun titre n'est impérissable. C'est très sympa, bien fait (bien mieux que le précédent essai posthume), mais pas aussi bon que ce que Michael sortait de son vivant. Mais le disque est agréable. Et les démos originales de Michael, non retouchées, valent le détour, et pour le coup sont vraiment souvent indispensables ou pas loin (achetez la version deluxe uniquement si vous le voulez, donc). Bref, un joli hommage à prendre pour ce qu'il est : des remixes de fond de tiroir.




Lana Del Rey - Ultraviolence
Alex : Un album étonnamment bon. Etonnamment car Lana Del Rey (quoique c'est parfois pas mal). Bon car Dan Auerbach. Eh oui, la moitié des Black Keys à la prod, ça change tout de suite de la soupe sur laquelle elle a parfois chanté (encore une fois pas toujours, elle a eu de bons morceaux). On a ici pas mal de chansons très réussies, mais avec un peu trop d'écho (grosse prod, reverb, etc...) et de platitude. Et quelques morceaux réellement excellents qui se détachent très nettement et trouvent un équilibre parfait entre la musique et l'interprétation de Lana. Et un vrai chef-d'œuvre dessus : "Shades Of Cool". Bref, un album inespéré, consistent et réussi. Surprenant.




ON A MOINS AIME :




How To Dress Well - What Is This Heart
Alex : De la même façon que le Klaxons, cet album est une déception. Moins grande car je ne connais pas plus que ça le bonhomme, évidemment. Mais quand les seuls morceaux qui me captivent sont les singles sortis avant l'album, j'ai l'impression de m'être fait arnaquer. On s'ennuie, c'est creux, lisse, plat, sans rythme ni émotion, assez quelconque, inerte. Ca ne vaut pas Passion Pit, bien plus inspirés et excitants dans le genre rnb-pop blanc. Dommage.





Teleman - Breakfast
Alex : Je m'attendais à beaucoup après avoir lu de jolis papiers dessus, mais je me retrouve face à une électro-pop new waveuse assez quelconque (décidemment le mot de ce mois de juin finalement assez pauvre et décevant pour moi, en tous les cas plus que les autres. Mais j'ai dû rater trop de sorties). Bof, bof.





Et vous, qu'avez-vous écouté ce mois-ci ?

N'hésitez pas à nous donner des noms, ils seront peut-être dans le rattrapage du mois prochain.  



Etienne & Alexandre