mercredi 5 novembre 2014

La sélection de la rentrée - Septembre / Octobre 2014

La sélection de la rentrée - Septembre / Octobre 2014 :


ALBUM DU MOIS :
Septembre :
Etienne : Le troisième opus du groupe de punk rock danois perpétue la qualité sans équivoque de ses deux aînés. Moins "énergico-adolescent" que le premier album, moins torturé que le deuxième, Iceage créer ici un album de maturité, beaucoup plus varié, voire plus pop dans la production, tout en gardant une composition mélodique et rythmique punk. Ils abandonnent alors les morceaux ultra-concentrés de 2 minutes pour doubler la durée et ainsi proposer un style beaucoup plus élaboré et posé que l'on ne se lasse pas d'écouter.
Alex : Une grosse claque. Iceage délaisse son credo hardcore (qu'il maîtrisait pourtant à merveille), pour un horizon musical plus varié mais toujours aussi sombre. Des arrangements amples et sombres (on pense à l'aristocratie post-punk ici, Nick Cave, Johnny Thunders, ou à Bryan Ferry). Impressionnant.
PS : le titre est-il une allusion ironico-sexuelle au Sowing the Seeds Of Love des Tears For Fears ? Votre serviteur le croit en tous cas, et trouve ça assez hilarant.
Octobre :



Alex : Son altesse est de retour pour donner une nouvelle leçon de funk à l'humanité. Premier morceau, diablement efficace mais un peu putassier, on craint le pire (rien de grave, à la réécoute il est même très jouissif). Mais on a tort, on tient là un album bien meilleur que le très bon 20Ten ou le bon mais un peu longuet LotusFlow3r/MPL Sounds. En se recentrant sur ce qu'il fait de mieux, c'est à dire de l'électrofunk ultra efficace, et en l'agrémentant de sons on ne peut plus modernes (ce rnb dont il est un précurseur, déjà exploré sur 20Ten entre autres), il sort même probablement son meilleur album depuis The Rainbow Children  (voire Sign'O'The Times mais je ne l'affirmerais pas avant d'avoir réécouté un certain nombre de disques). Tous les morceaux sont excellents, l'ensemble est inattaquable. Prince s'est remis en question, a coupé court à l'autosatisfaction, et s'est remis à écrire des chansons (des classiques, même). Un chef-d'oeuvre, j'assume le terme.

CHANSON DU MOIS :


Septembre :

    
Etienne : Avec ce nouveau morceau, le groupe australien frappe fort, très fort ! Nous proposant comme à son habitude un rock psyché électronique teinté de dissonances, jouant les apprentis sorciers dans une recette fonctionnant à merveille, nous narguant de dissonances ravageuses. Le tout est mis sur un super clip collant parfaitement à l'ambiance du morceau et le sublimant.
Alex : Clip cramé et génial, morceau génial et cramé. Plus rockab et (slacker?)pop que le précédent (et excellentissime) album de l'an dernier, et moins hard, mais toujours aussi bon. J'attends avec hâte l'album. Un bijou.

Octobre :


Alex : C'est pop et fou comme du Of Montréal ou du Magnetic Fields, avec ce côté eighties aussi excessif que jouissif. Beau ? Oui. C'est Ariel Pink, qui signe ici la fausse BO d'un film des années 80 qu'on imagine de série Z, mais culte et attachant. Amis du bon goût, cassez-vous. Ici on s'amuse. 


Morceaux :

  • Hiphop/Rnb :

Chance The Rapper & The Social Experiment - No better Blues  Coup de cœur 
Alex : Un magnifique morceau, toujours aussi cramé. Toujours aussi bon. Plus spoken-word et déclamé, à la Gil-Scott Heron, avec cette voix éraillée (blues, pour le coup, on peut oser le mot). Et puis ce groupe, The Social Experiment, d'abord backing band sur scène uniquement, puis qui s'immisce de plus en plus dans la composition, au point de former une réelle osmose avec le MC, qui catalyse leurs talents mutuels pour donner le meilleur. Au top.

Alex : Bon comme du Tupac vocalement, avec une instru démente et un tas de guests impliqués, cette version est une tuerie d'une efficacité totale. Tout le monde est à genou en 2 secondes. Classe.

Alex : Nouveau morceau du petit génie (sur album) aux fréquentations incertaines (il est en feat. sur un nombre hallucinant de chansons pourraves). Egotrip pop (les paroles) avec un vague parfum d'exotisme (ce funk luxuriant, sur un sample des Isley Brothers), efficace, décomplexé et estival. Moins profond que ce à quoi ils nous a habitué sur le précédent album, mais c'est bon quand même.

Alex : Le type du Harlem Shake... Je ne sais même pas pourquoi j'ai cliqué tellement le truc me débecquetait, vraiment musicalement c'était naze. Et bien j'aurais eu tort sur ce coup-là, ce morceau est top. Interprétation habitée, instru rêche et clinquante comme il faut, avec ce juste mélange de séduction et d'agression qui fait le sel de ce genre de hiphop/rnb d'obédience plutôt trap/drill.
  • Rock :
Ought - New Calm, Pt 2  Coup de cœur 
Etienne : Indispensable single de l'excellent EP dont vous aurez plus de détails dans la partie albums.
Alex : Topissime. la rage, la fureur, la frustration. Tout est là. L'essence du rock même. Et puis des gens qui aiment autant les Talking Heads sont forcément dans le droit chemin.

Alex : Cet inédit de Bowie, sorti sur une compilation ou un coffret (comment peut-on faire une compilation exhaustive de Bowie au passage ? Sacré défi), est plutôt jazzy, avec orchestre et tout. Très bon. Bon, ben plus qu'à nous refaire un album David.

Etienne : L'album sort le 20 janvier 2015 sur le label états-unien jagjaguwar, on attend ça avec impatience. 
Alex : Rock, post-punk, Interpol, shoegaze, Joy Division, Crocodiles... Que de bonnes références, pour un morceau qui prouve que le groupe, non content de les avoir bien digérées, sait en tirer une mixture parfaitement irrésistible. J'adore.

Alex : Noise à donf, malsain... On pourrait passer ce morceau sur une scène d'anthropophagie d'un épisode de la saison en cours de the Walking Dead. Intense dans son genre, même si ce n'est pas ce que vous allez chantonner sous la douche ou écouter vingt fois par jour. C'est comme si le John Lydon des premiers PiL se faisait torturer dans un entrepôt vétuste Est-Allemand, pour vous situer le truc. Avec des zombies dedans.

Alex : Thurston revient à quelque chose de plus Sonic Youthien, et pour tout dire, même si je suis très ouvert quand aux évolutions de carrière et aux changements musicaux des gens que j'admire, quand c'est aussi bien fait qu'ici, ben ça m'arrange. Bon si Kim Gordon avait posé sa voix quelque part ça aurait été parfait, mais ça va être complexe. Excellent morceau à la hauteur de ce que le guitariste et son groupe ont offert de meilleur.
  • Pop :

Panda Bear - Mr Noah  Coup de cœur 
Alex : Retour en forme de Panda Bear, avec un son proche de celui de Tomboy, mais en plus percutant et agressif, avec une écriture directe et efficace. Le morceau vous rentre en tête en une seule écoute. Et sa façon de poser sa voix est toujours aussi fascinante, entre Beach Boys, crooner dérangé, slacker, psyché, et muezzin/bonze. Gros coup de cœur récent, j'attends l'album avec une impatience non dissimulée. 

Candids - Coma
Alex : Qui sont les Candids ? Un excellent groupe de pop nantais, gros coup de cœur lors de la première partie d'un concert à Nantes, justement. Ils ont un côté chorale pop qui les rapproche de groupes que j'aime beaucoup personnellement, comme les Bewitched Hands, I'm From Barcelona.... Et qui leur assure sûrement une belle diversité musicale. Qui s'entend ici, en tous cas. Chanson pop impeccable, passionnante (et passionnée) de bout en bout, variée tout en étant directe et efficace au possible. Bref, ils sont aussi bons en studio que sur scène. Et ça fait plaisir à entendre. Un futur grand de la pop d'ici, s'ils persévèrent (ce que je leur souhaite de tout cœur).
Tops - Way to be loved & Outside
Alex : C'est joliment désuet et naïf, mais tellement beau que c'en est aussi terriblement émouvant. On est touchés en plein cœur par cette électropop candide au chant féminin angélique et aux chœurs délicats au bout de 5 secondes.
Alex : De la pop haute couture, avec basse démente, batterie qui groove, piano qui en impose, guitare entêtante, chœurs et reverb. Une vraie bonne chanson, bien écrite et chantée avec talent. Du début à la fin, rien à redire, à part Wow.
Alex : J'ai toujours trouvé ces deux-là très intéressants, ensemble ou en solo, mais pour moi il a toujours manqué un petit truc. Jusqu'à ce morceau, entre disco et soft rock californien, avec cette voix de chèvre traînante et décalée, et les chœurs mignons tout plein de sa sœur. Le dosage parfait. Du coup, note à soi-même : écouter l'album un de ces jours.

Etienne : Outre le fait que cet artiste vienne de Nantes ( notre lieu de résidence ), ce qui est déjà une qualité remarquable, le monsieur compose une pop minimale et produite avec des airs de r'n'b suaves et sensibles ravissant nos petites oreilles. Alors à quoi bon avoir des yeux ?
Alex : Son électro-pop précieuse et délicate et sa voix obsédante me conviennent tout à fait. Excellent morceau.
Etienne : Un nouveau morceau pop synthétique sympathique en provenance de Reims.
Alex : Nouveau projet de l'ex-chanteur de Wu Lyf, ce groupe souffre un peu de la comparaison avec son grand frère. On a perdu en profondeur musicale, et le rendu final est plus proche de la pop de stade que de la pop indé efficace mais de qualité de Wu Lyf. Dommage.

  • Electro :
Ten Walls - Chains & Shackles  FREE DOWNLOAD  Coup de cœur 
Etienne : Notre petit chouchou lituanien met en ligne un nouveau morceau le 31 octobre et le moins que l'on puisse dire c'est qu'il est assorti au thème d'Halloween ! Il nous propose des ambiances auquel nous ne nous attendions pas venant de sa part avec des sonorités énigmatiques voire lugubre. Pour résumer en une phrase je dirais que c'est un remix techno de magma pour un film d'épouvante. Avec ce long morceau il joue alors sur un riche ensemble d'ambiances comme d'inspirations, laissant le temps d'étirer le sons et les rythmes pour les laisser s'insinuer puis se dissiper de façon perfide.
Alex : Cette techno de train fantôme est tout à fait géniale, la progression est hallucinante de maîtrise. Production au top, inventivité, mise en ambiance d'une qualité ahurissante, et côté ludique assumé, on a notre morceau électro du mois. Dingue.

Alex : Kitsch et naïf, probablement. Très premier degré en tout cas, ça en devient même très touchant. En on se prend à revenir très souvent à ces morceaux chargés en émotion derrière la façade ultra-ludique.

Alex : Ultra-méga-kitschissime. Sortez la chemise à paillettes, la chaîne en or, les poils du torse et la stachmou à la Moroder. Car là on est clairement chez Giorgio, entre la période disco et surtout la période BO eighties clinquantes. Ca n'est peut-être pas d'une profondeur abyssale, mais c'est diablement efficace. Plaisir coupable.
Alex : Mécaniser et synthétiser les rythmes endiablés du vaudou afro-caribéen, un peu comme Suicide a traité le rock des années 50, vous y aviez pensé ? Eux l'ont fait. C'est assez dingue et tout à fait passionnant, même si l'écoute à un moment inadéquat peut lasser sur la durée. Radical et donc nécessaire.
Alex : C'est du plaisir coupable assumé ça. Je déteste ce type, et même s'il s'est un peu retenu ici, son eurodance dégoulinante est un supplice pour les oreilles. Mais il y a les filles de Haim, et vocalement cette chanson est ultra intéressante. Le rendu, percutant au demeurant, est donc sauvé par les voix des Haim.

 
  • Chanson Française :
Brigitte - A bouche que veux-tu
Alex : Franchement, single impeccable d'une intelligence et d'une sensualité folles. De la pop francophone charmante, débridée et inventive, que demander de plus ? Même le clip est réussi !

  • Soul/Funk :
The Budos Band - The Sticks
Etienne : Entre rock 60's et bo jazz : ça claque !
Alex : Le combo funk se renouvelle en piochant dans le hard rock de la fin des sixties et du début des seventies quelques éléments bien sentis. On entend tout un tas de musiques qui groovent, philly, kraut, jazz westcoast, afrobeat presque, et j'en passe. Morceau passionnant.
Albums :

ON A ADORE :

Alex : L'ex-frontman des regrettés Girls sort son (déjà) deuxième album solo depuis la dissolution de son groupe. Et il l'a annoncé, cet album a été conçu comme un disque country, au sens le moins restrictif possible du terme. En bref, il continue à faire de la pop mais l'habille de la chaleur du Sud des Etats-Unis. Bon, c'est un disque de Christopher Owens, autant dire qu'il est truffé d'excellentes chansons, le bonhomme étant touché par la grâce quasiment en permanence. Et cette ambiance néo-country lui va à ravir, faisant sonner ces perles un peu comme un disque de Big Star sorti en 2014. Ce qui, pour ceux qui lisent et comprennent ces mots, est sans doute le plus grand compliment qu'on puisse faire à un album de pop. Evidemment, ces chœurs gospel, ces guitares au son clair, cette ambiance un peu cliché, cette voix si particulière... n'iront pas à tout le monde. Et c'est bien dommage, car passer à côté de ce disque, c'est le pense un immense gâchis. Si vous aimez les grandes chansons pop sensibles, énergiques et belles, c'est par ici.

The Drums - Encyclopedia  Coup de cœur 
Alex : Réduits au nombre de deux (le duo fondateur), les Drums font une musique plus viscérale que jamais. Encore plus minimaliste, ressérée, directe, comme un uppercut. Après les débuts enjoués, puis Portamento le diamant noir, on s'enfonce encore une nuance plus sombre. Et alors que les synthétiseurs analogiques n'ont jamais été aussi présents, les guitares n'ont jamais autant hurlé chez les Drums qu'ici, et prennent souvent la première place dans le mix. On entend ainsi davantage les Smiths que jamais, mais pas que. Kraftwerk, Joy Division et consorts sont toujours de la partie, de moins en moins discernables sous la patte The Drums. Un disque de rock courageux, de pop rempli de grandes chanson, de post-punk écorché, d'électronique primale, tout ça en même temps et bien plus encore, c'est le pari insensé qu'arrive à réaliser ce groupe qui s'impose définitivement comme un incontournable de l'époque. Brillant.
Etienne : Des guitares saturées restant en suspend, comme des sirènes urgentes, provoquant une tension dans une musique rythmé par une batterie pressée et sèche qu’adoucie la voix pop et cynique de Jonathan Pierce pour un rendu intimiste. Voilà la formule miracle de ce troisième album sorti sur le label Minor Records que nous vous recommandons grandement.




Julian Casablancas + The Voidz - Tyranny  Coup de cœur 
Alex : Julian Casablancas se réinvente en chanteur d'un groupe punk influencé par le hardcore, Sonic Youth, le post-punk, Daft Punk et DAF. Et sort un album mille fois plus vivant et incarné que les deux derniers Strokes réunis. Avec des tas de morceaux inventifs et indispensables dedans. Bref, métamorphose risquée mais réussie, et pas qu'un peu. J'applaudis des deux mains entre deux headbang et une larmichette.




Aphex Twin - Syro  Coup de cœur 
Etienne : 13 ans que le fameux irlandais ne nous avait pas abreuvé d'un nouveau chef d'oeuvre, mais voici un album toujours aussi singulier et poétique, variant comme à son habitude rythme et ambiance tout en restant à coup sûr d'une fraîcheur remarquable. Il exacerbe alors sa capacité qu'il a de rendre accessible une inaccessible musique expérimentaletechno et de ravire tous les goûts en matières de styles musicaux. Breaks et mélodies s’enchaînent de façon méthodique, logique, jusqu'à en devenir naturel. L'osmose prend alors forme entre bruits et rythmes, formant une musique des plus magistrales. 
Alex : On est en terrain connu avec ce nouvel Aphex Twin. Je dirais même en terrain conquis. Rien de bien neuf à part une maestria évidente dans la maîtrise de ces climats électroniques, et une sensibilité intacte qui emmène tout sur son passage. Un cocon dont on ne veut plus sortir après écoute.



Ought - Once More With Feeling... EP  Coup de cœur 
Etienne : Après un album sorti fin avril ayant émoustillé les papilles auditives des journalistes de Pitchfork, voici que le groupe canadien signé sur le label montréalais Constellation Records sort un EP dans une veine tout aussi post punk que son prédécesseur, quoi qu'un peu plus expérimental. Ce quatre titres magistral nous emmène sur les tortueux chemins des 70's avec un chant fougueux à la Tom Verlaine  et des guitares et orchestrations à la Siouxie and the Banshees. Même si ils ne sont pas les seuls à naviguer sur cette vague toujours en rémanence, tel les génial Cissa de TRAAMS cette année.
Alex : Ils n'inventent toujours rien, mais le font toujours avec tant de conviction et de rage que leur post-punk est toujours aussi jouissif. A mon avis, ils sont à voir absolument en concert. Très bon EP.

Alex : Cet album se situe dans un registre pop proche de celui de Christopher Owens (sous influence Chris Bell, Big Star, Neil Young, la country, les Beach Boys, McCartney,...), mais en plus nineties (on décèle beaucoup d'Elliott Smith, de Mercury Rev, Flaming Lips, voire de Radiohead bref de rock/pop indé de l'époque). Et il est aussi réussi que ce dernier. Les merveilles s'empilent au fur et à mesure que les chansons (et non les pistes, les tracks ou autre, ici on parle de popsongs au sens le plus noble du terme) défilent. Passant d'ambiances vaporeuses, aériennes, à d'autres plus rock et électriques, ce disque est néanmoins mû tout du long par une mélancolie douce, comme un fil rouge, dansant entre désespoir et béatitude au gré des arrangements sublimes. Pour notre plus grand bonheur. Grand disque pop.





Foxygen - ... And Star Power
Alex : Il est difficile de se faire un avis sur ce disque. Entre morceaux géniaux, pompages éhontés (Todd Rundgren devrait toucher des droits sur certains morceaux...), production brouillonne, interludes et morceaux ineptes, concept fumeux, on ne sait plus où donner de la tête. Au final, le groupe s'est vraiment trop dispersé, et on se retrouve avec un bon album très inégal là où on aurait pu attendre beaucoup plus, avec l'album précédent (une réussite), et surtout le maxi inaugural tout simplement génial. Dommage, mais je suis persuadé qu'ils sauront se reconcentrer pour le prochain.



SBTRKT - Wonder Where We Land
Alex : Cet album, étonnamment électro pop et moins sombre qu'attendu, est une réelle réussite, avec des morceaux géniaux, une qualité relativement constante tout du long, une vraie générosité (durée des morceaux, nombre, et richesse sonore). Une fin d'album un peu moins percutante empêche de parler de réussite majeure, mais on n'en est vraiment pas loin. Pop, smart, sans complexes ni prise de tête mais loin d'être idiot pour autant, ce disque est celui qu'il vous faut.




The Growlers - Chinese Fountain
Alex : Virage pop négocié avec brio pour les Growlers, pour un album qui sonne très anglais, urbain, et est riche et varié (on ose même du disco ici). Excellent.



Thom Yorke - Tomorrow's Modern Boxes
Alex : Cet album, c'est du Thom Yorke classique. C'est un peu pareil qu'avec Radiohead pour moi : depuis Amnesiac, je suis séduit par leur facette plus pop (In Rainbows) et déçu par le manque de profondeur de leur facette électronique (The King Of Limbs). Et bien vous avez tout cela sur cet album. Quand Thom chante et compose une vraie chanson (ah oui, on peut le faire uniquement avec des bleeps, c'est possible et même très beau), ça fonctionne. Quand il s'embarque dans des trucs ineptes sans structure ni consistance, on s'ennuie, ferme. Un très bon album, et c'est déjà beaucoup, mais pas un GRAND album.



Tony Allen - Film Of Life
Alex : Le maestro de la batterie nous offre avec cet opus solo une solide collection de chansons qui à défaut de constituer un ensemble homogène, fait preuve d'une belle diversité, et d'un talent intact. Dans l'ensemble, des titres exceptionnels, à quelques exceptions près, mais l'ensemble de l'album se tient très bien. La générosité transparaît à travers chaque morceaux (structures rallongées, arrangements riches en détails et en sonorités affriolantes...), et ça fait plaisir. Surtout, ne pas passer à côté ! 






The Vaselines - V For Vaselines
Etienne : Le couple écossais revient avec un album plus rock et plus roots, en témoigne la pochette. Ils "lubrifient" alors leurs guitares électriques hard, frisant le punk, avec des vocalises pop s’entremêlant. Le tout est homogène et dynamique, comme d'un seul jet de studio. A consommer sans modération !
Alex : Efficace, pop et direct, cet opus est une réussite sans conteste. Du bonheur en barres. Conseillé à tous les amateurs de power pop intègre et généreuse.



Allah-Las - Worship The Sun
Alex : Après un impeccable premier effort certes rétro mais plein de grâce, il me tardait d'entendre à nouveau ce groupe si prometteur. Mon avis ? Ils n'inventent toujours rien, mais bon sang qu'est-ce qu'ils le font bien ! Tous ces titres, individuellement, semblent être LA pépite du best of d'un obscur groupe sixties. Cette collection de chansons parfaites de bout en bout est donc plus qu'impressionnante et fortement recommandée pour les amateurs de pop finement ciselée. On n'entend pas 40 minutes de perles pop de cette qualité tous les jours.



Electric Würms - Musik, Die Schwer Zu Twerk
Alex : Si vous n'avez rien lu sur ce groupe, vous devinerez néanmoins assez rapidement à l'écoute de ce disque qu'il s'agit d'un side-project des Flaming Lips. A ceci près qu'ici ce n'est plus Wayne Coyne le leader, mais Steven Drozd. Un peu sur le modèle des groupes australiens Pond, Tame Impala & Co dont le personnel se recoupe mais dont les leaders sont différents pour chaque projet, donc. Et qu'Est-ce que ça change ? Et bien au final pas grand chose, on retrouve un son proche des derniers Lips, avec quelques lubies propres à Drozd qui se voient accentuées (les claviers analogiques, le krautrock, l'imagerie de série B d'horreur, le mélange de sonorités agressives et ultra pop, les passages ambient passant du planant à l'inquiétant en quelques secondes...). On perd ainsi la concision et la force de frappe des Lips, mais cette diminution d'impact et d'accessibilité se voit compensée de façon très intéressante par une plus grande liberté dans les sonorités et la structure des morceaux. L'album, avec son titre assez drôle, il faut le reconnaître, se révèle au fil des écoute bien plus crucial que ce que la plupart des critiques en ont dit. Il serait dommage de ne prêter qu'une oreille distraite et condescendante sur ce qui apparaît comme un amusement de la part d'un fou de studio. Ce disque, bien que me parlant un peu moins que les derniers Lips, est tout de même un grand cru. Il est viscéral, avec beaucoup de fond, habité. Tout le contraire de ce que vous lirez dessus ailleurs. Faites-moi confiance sur ce coup-là, et embarquez pour le voyage. Vous ne serez pas déçus, promis.


Etienne : Génial album de rock sentant bon le rock 70's avec ses airs de glam rock et de power pop, le tout joué et chanté par un trio 100% féminin, dans la pure tradition de l'art. La composition et la forme sont classiques, n'en demeure pas moins que le rendu électrique et énergique ne laisse pas indifférent.
Alex : Etienne a bien résumé le propos : punk, glam et power pop. On pense à Joan Jett et The Sits comme figures tutélaires, mais on oublie bien vite ces références pour admirer le résultat (un excellent album rock) et/ou sauter partout.




Caribou - Our Love
Alex : On pouvait légitimement craindre un disque house un peu facile de la part de Dan Snaith, et d'ailleurs pour certains ça sera le cas. En revanche, pour ma part, on a un excellent disque d'électropop clinquante. Alors oui, il faut aimer Disclosure, les claviers à paillettes, les voix rnb, mais si on ne chipote pas là-dessus, c'est vraiment du tout bon. Pour résumer, un excellent exercice de style dance-rnb de la part de Caribou, qui déstabilisera sûrement sa "fanbase" mais lui fera gagner en audience.


Bass Drum Of Death - Rip This
Alex : Ah, ce rock bourrin, bas du front et castagneur, ça fait quand même du bien quand c'est bon comme ça. Ca me rappelle le collège tiens, la batterie tapageuse, la basse simpliste, la grosse guitare fédératrice, le chanteur narquois... Sans doute pas un disque dont on se souviendra dans quelques années, mais un putain de bon défouloir quand même, et mine de rien du fort bel ouvrage, dans le genre. J'adhère à 100%.


Bonnie Prince Billy - Singer's Grave a Sea of Tongues
Alex : Je l'avoue, je suis un peu paumé dans la discographie immense de Will Oldham. Je possède et j'écoute surtout I See A Darkness, puis quand je tombe sur un de ses disques au hasard d'une promenade sur internet, je l'écoute, et bien que ça ne soit jamais une déception, je n'ai pas encore poussé plus que ça la découverte. La sortie de cet album est donc un bon prétexte pour se replonger dans l'art du bonhomme. Et force est de constater qu'on a affaire à un excellent album, d'une finesse inouïe. Non vraiment, ce type pourrait tout jouer et tout chanter, il serait absolument tout le temps touchant.



DJ Quik - The Midnight Life
Alex : Très sous-estimé en tant que producteur et MC, DJ Quik nous offre un album hiphop de haute volée, avec des instrumentations d'une délicatesse folle et un MCing de qualité (invités triés sur le volet). Bref, du bon boulot.



Vince Staples - Hell Can Wait
Alex : Un peu moins indispensable que son collègue ci-dessus, cet album est quand même fort sympathique. Un bon équilibre entre hiphop post-gangsta racoleur et qualité, qui rend l'impact de l'ensemble très efficace.

 



ON A APPRECIE :


 3rdEyeGirl & Prince - PlectrumElectrum
Alex : Seconde livraison du Purple Yoda à sortir en Septembre, cet album est sur la forme et le fond, plus simple, direct et rock que l'autre. Et pourtant, ce qui semblerait une excellente idée (Prince sans artifices c'est souvent magique), emporte beaucoup moins mon adhésion. Pour plusieurs raisons. Tout d'abord, le rendu global ne fait pas simple, mais simpliste. Les chansons d'abord, ne sont pas excellentes, reposent sur des gimmicks éculés et des riffs sans inspiration aucune. La production est lourde, grasse, à des années lumières de ce qu'on aurait pu attendre d'un album annoncé comme plus brut... Bref, il vaut surtout pour des titres comme Wow, Fixurlifeup, Anotherlove, Tictactoe, voire Fuknroll, qui sauvent cet album relativement bourrin, peu inspiré et raccoleur, légitiment son existence et le rendent malgré tout recommandable.




Acollective - Pangea
Alex : Cet album électro-rock possède certaines qualités, mais un mauvais goût assumé lui donne rapidement des airs de fête foraine assez lourds et écœurants. Le côté rock ainsi que la folie pop sont ainsi mal maîtrisés, de même que l'électronique superficielle et plate. Ceci dit, par moments on arrive à entendre certains passages plutôt sympathiques voire intéressants, notamment les morceaux plus calmes et apaisés ou les passages plus inquiétants (donc les moins euphoriques) et il se trouvera sûrement des gens pour apprécier cet album au demeurant honorable. Bref, jetez-y une oreille si vous aimez l'électropop qui ne se prend pas la tête, au pire vous aurez élargi votre culture musicale (et donc pas tout à fait perdu 40 minutes). Sympa sans plus, donc.


Trent Reznor & Atticus Ros - Gone Girl
Alex : Excellente BO, mais... Hors de contexte, on s'ennuie quand même, à moins d'être dans les conditions d'écoute optimales.


Wampire - Bazaar
Alex : Pas si convaincu que ça par cet opus. Le groupe se prend un peu plus au sérieux que sur le très sympathique album de l'an dernier, et a donc énormément perdu en fraîcheur. C'est toujours sympa, parfois vraiment intéressant, mais l'ensemble reste oubliable. Dommage, des types qui reprennent "The Model" en début de carrière, ça me plaît bien pourtant.





Life Bewond Earth - Playground EP

  Merci à tous pour vos passages et vous commentaires, et à très bientôt pour d'autres chroniques. En espérant que vous fassiez ici de belles découvertes musicales.
Alex & Etienne

 

mercredi 1 octobre 2014

La sélection de l'été 2014 (Juillet-Août)

La sélection de l'été  2014 :


ALBUM DU MOIS :

Juillet :
 
 
 
Alex :
  Ah, Eno... J'en ai déjà dit beaucoup sur ce génie touche à tout (chez qui je préfère tout de même la carrière pop, Roxy et post-Roxy, jusqu'au chef-d'œuvre pop absolu Before & After Science). Un bémol cependant. Ses production de ces dernières années, bien que de qualité, m'enthousiasmaient moins. Et puis cette manie de produire LE groupe de stade du moment.... Si c'est pour sortir un Achtung Baby ou un Viva La Via Or Death & All His Friends, avec joie. Pour un Mylo Xyloto... Autant faire autre chose.
 
  Et puis vint ce premier album estampillé Eno.Hyde, plus tôt dans l'année. Attendu avec impatience et appréhension, il m'a vite rassuré. Un disque pop, déjà. Solide, qui plus est, avec quelques excellentes chansons. Pas un classique, mais un bon petit disque pop sans ratés dessus. Et vivant, joyeux, frais... Avec de l'envie dedans. Et de l'envie, apparemment, Eno et Hyde en avaient encore à revendre. Car voici que sort ce High Life. Si peu de temps après son prédécesseur. Alors évidemment surgit une autre peur : Est-ce qu'on ne nous refourguerait pas des chutes de studio, des faces B ? La réponse est catégorique (et vous vous en doutez si ce disque est album du moi) : Non. Ce disque se paie même le luxe d'être bien meilleur que Someday World. En quoi ? Me direz-vous. Et bien on ajoute à la fraîcheur pop une dose d'audace supplémentaire (déjà présente au niveau de certains arrangements sur le précédent). 
 
  Eno et Hyde brassent ici en effet les genres musicaux avec brio, dextérité et subtilité. S'enchaînent deu électrofunk pop irrésistible, un remix en direct d'afrobeat blanc (si vous ne pigez rien, écoutez ce sera plus simple), un morceau d'afrofunk syncopé avec chœurs typiquement Eno, un collage qui reprend les choses là où My Life In The Bush Of Ghosts s'était arrêté, et un final ambient pop contemplatif, avec cette espèce de vibe gospel qu'Eno fait transparaître régulièrement depuis qu'il chante dans une chorale toutes les semaines (cf le récent Albarn et "Heavy Seas Of Love").
  Et tout ça en nous transportant de bonheur, sans être pompeux ou un peu en dessous une seule seconde. Brillant.
 
"We're always one step behind him, he's Brian Eno / Brian Enoooooo" MGMT
 
 

Août :
 
 
 
Ty Segall - Manipulator
 
Alex :
 
  On aura tout lu sur cet album. Déjà, évacuons le poncif du "double album". Tout tient sur un cd, 55 minutes bien tassées. C'est plus qu'un Beatles de 1964, certes. C'est moins qu'un disque typique des années fin 80 à début 2000, rempli à ras-bord, durant de 70 à 80 minutes, comportant pour les 3/4 des chansons mineures. Ce n'est pas le cas ici. Du tout.
 
  Ensuite, on reproche souvent à Segall et à toute une partie de la scène garage californienne, ou plus largement aux groupes indés, d'être rétromaniaques à outrance. C'est en partie vrai, mais en musique on ne part jamais de rien. Qu'on parle de Coltrane, de Mozart, de McCartney ou de Kraftwerk, toutes ces personnes ont été influencées de façon très audibles par leurs prédécesseurs. Ce qui est intéressant, ça n'est pas à quel point on entend Love ou Pink Floyd à telle minute de tel morceau. Ce qui compte, au final, c'est : Est-ce que cette chanson est bonne ?
 
  Et là, Manipulator avance les arguments de poids. Et ce dès la pop song acide qui donne son titre à l'album, quelque part entre Eno, Spector, Thee Oh Sees et les groupes psyché sixties qui s'accomodaient volontiers d'électronique. Puis les perles s'enchaînent, de l'irrésistible "Tall Man, Skinny Lady", entre Bolan, Bowie et les Kinks avec une moiteur presque funk, en passant par la ballade "The Singer" qui convoque dans le même élan folk song avec arrangements de cordes, grunge, Ziggy Stardust, T. Rex, Hendrix.... Et je pourrais citer toutes les chansons. Du garage, du psyché, du hard, de la pop, du classic rock, de la folk, des arpèges à la Arthur Lee, du blues, de l'électronique primitive à la Silver Apples, des effluves de grunge, et j'en passe. Et tout ça avec un sens des textes, de l'interprétation et des arrangements proprement bluffants.
 
  Et là vous vous dites sûrement que mes deux derniers paragraphes sont tout à fait contradictoires. Dire que balayer cet album d'un revers de main pour son côté rétro est d'une stupidité sans nom, puis citer juste après des tas de gloires du passé auxquelles ces chansons font penser, c'est aussi un peu stupide. Sauf que là encore, on entend ces influences, certes. Mais elles n'écrasent pas de tout leur poids les chansons. Et on en vient au plus important, justement : ces putains de chanson. Car vous l'avez compris, il y en a, de la bonne, et à la pelle. 17 pépites, pas un déchet. Rare, d'autant plus dans le rock à guitares qui essaie de se faire connaître hors de son quartier. Presque un exploit. Et cette manie de manipuler toutes les musiques sans se préoccuper des étiquettes, de tenter différents genres musicaux dans un même album, voire dans une même chanson, pour donner à chacune d'elles une identité propre, est la marque des authentiques génies pop.
 
  Manipulator est donc un album dense mais dont l'écoute est plus fluide que la plupart des EPs sortis cette année, tous genres confondus. Rempli de grandes chansons arrangées avec une classe folle, interprétées avec fougue par celui qui semble désormais en passe de devenir une icône, il est absolument incontournable. Ce type est un grand, et désormais le monde entier le sait. Chapeau bas, Mr Segall.
 
Etienne : On retrouve le Californien pour un nouvel album solo et un double LP qui plus est ! ( oui oui ça se fait encore ) Il allie la richesses mélodique d'une pop très prononcée pour l'associer à la dureté du rock grâce à ses guitares hurlantes qu'il semble scarifier, frisant avec le garage ( quoi que beaucoup moins prononcé que ce à quoi il a pu nous habituer ). Le tout baigne dans un furieux nuage psychédélique 70's  Selon les morceaux nous voyageons entre le glam rock des New York Dolls, de T-Rex ou de Bowie ( certaines photos de lui traînant sur le net ne démentent pas l'inspiration en tous cas ! ), jusqu’au folk rock psychédélique de Thee Oh Sees, dont ils partagent le producteur pour cette album, Chris Woodhouse ( et ça s'entend ! ).
 
 

CHANSON DU MOIS :

Juillet :
 
 
Alex : The Drums et moi, c'est une grande histoire. Alors en lisant qu'on allait enfin avoir droit au successeur du grand Portamento, j'ai eu du mal à dissimuler ma joie. Mais cela n'était rien comparé à côté de celle produite par ce morceau, le truc le plus excitant que j'aie entendu depuis longtemps. Entre post punk (guitares abrasives, beat à la Suicide...), riff mastoc à la Black Sabbath, chant toujours aussi habité et magistral de Jonny, et synthés démentiels, on tient là un des morceaux de l'année. Et si tout l'album est à l'avenant, les Drums seront bientôt les maîtres du monde. J'annonce.

Août :
 
 
Etienne : Un putain de gros mélange qui dévaste tout sur son passage. Ce bijou fait parti d'un album qui sort le 13 octobre sur le label Female Energy Records ( oui ça vend du rêve ! ), faisant suite à un premier album sorti en 2012 et produit par notre Zdar national ( la classe quand même pour un premier album ).
Alex : Excellentissime titre de soul-pop électronique. Ca groove, c'est beau, c'est bon. Rien à ajouter.
 
 
 
 
 
 

Morceaux :
 
 
  • Hiphop/Rnb :
  •  
Alex : Cette collaboration improbable entre l'électronicien et le rapper fait des étincelles. Inventif, prenant aux tripes, toujours en mouvement, ce morceau de plus de 6'30" est un vrai feu d'artifice. Impressionnant.

Alex : Ce morceau produit par Four Tet est irrésistible, avec ses séquences de claviers rêveuses, ce beat simple mais qui va droit au but, et ce flow traînant. Grande réussite. 
Alex : Je triche un peu là-dessus, le premier morceau est sorti il y a un bail, mais je l'ai découvert cet été uniquement. Magnifique production (proche du Late Registration de Kanye West, avec des accents College Dropout aussi), cette "chanson de Noël hiphop" est une merveille. Ne pas oublier de souligner que le Shaman en question (un quasi inconnu) est très doué. Le second morceau, sorti quand à lui cet été, est à l'avenant. A suivre donc.
Alex : Comme à l'accoutumée avec MF Doom, on a affaire à de la haute couture. Il a eu la bonne idée de débaucher le jeune MC Bishop Nehru pour poser son flow impeccable sur les productions d'orfèvre du maître. Grand.
Alex : Une claque dans la face, toujours aussi jouissive. Ces deux-là n'en finiront jamais de nous ravir les tympans.
Alex : Une fois de plus, la sensibilité incroyable de ce type fait mouche chez moi. Il lui manque encore un petit je ne sais quoi pour vraiment exploser (des titres réellement aussi bon que sur Trilogy ?). Mais ça reste de la bonne came.
Alex :  Qu'il donne dans l'old school ou dans un son plus moderne, déstructuré et agressif comme ici, le talent de Common emmène tout sur son passage.
Alex : Du rnb, de l'électro, de la pop ? Peu importe, c'est de très haute volée, grâce à la voix qui emporte tout sur son passage et à la production qui la met en valeur avec beaucoup de justesse.
Alex : Un message de la Lady concernant les émeutes aux US de cet été. Ca fait plaisir de l'entendre à nouveau, aussi en forme. On a hâte d'entendre la suite.
Alex : Banger, oui, commercial, oui. Bon ? Aussi. Surtout le 1er morceau.
Alex : La chanteuse de l'excellent "American Boy" (single de l'été parfait, by Kanye West, vous vous en souvenez sûrement), est de retour après de discutables aventures (Guetta...). Rien de cela ici, juste du rnb éminemment sensuel d'un côté. Et de l'autre une ballade, certes over-the-top, mais néanmoins intéressante. Retour réussi.
  • Rock :


Traams - Selma  COUP DE COEUR
Etienne : Le single de l'indispensable EP rock de ce mois, Cissa. Décidément ce mois de juillet est rock au plus au point.

Fat White Family - Cream Of The Young COUP DE COEUR
Alex : Ce mélange furieusement sexy entre le second Suicide, la surf music, le garage californien et la pop anglaise la plus embrumée nous fait entrevoir ce que donneraient les chansons des MGMT s'ils étaient un peu plus sulfureux. Eh bien ce serait très, très bon.  

Alt-J - Left Hand Free

Etienne : Alt-J comble de nouveau notre curiosité ce mois ci avec un nouvel extrait de son prochain album, This Is All Yours. Et d'un coup de maître ils déjouent tous les pronostiques et les jugements hâtifs de déçus, tels moi, du premier single dévoilé le mois dernier, comme je vous disais dans le précédent bilan mensuel. C'est donc un grand écart que nous fait faire le groupe en passant d'un morceau électronique, Hunger Of The Pine, à ce nouveau morceau, lui électrique. On y découvre alors un versant encore inconnu du groupe, celui d'influences rock n'roll et bluesy, faisant notamment penser à l'univers des Black Keys. Je dois vous avouer que ce morceau m'est beaucoup plus excitant et balaye d'un riff ma peur d'un album "commercial", montrant que leurs "mains" sont encore biens "libres", relançant mon attrait pour cette sortie. Alors chapeau pour ce jeu de com' impeccable.
Alex : Un morceau très intéressant et prometteur pour l'album.

Interpol - All The Rage Back Home
Etienne : Après un teaser mis en ligne début juin et tourné dans un studio New-Yorkais, annonçant la sortie d' El Pintor, le 5ème album studio du groupe de rock Etat Unien, voici le single tiré de ce même album. Celui sortira le 8 septembre prochain et mettra ainsi fin à 4 ans de silence radio pur le groupe. Et pour ce "retour" ils s'accompagnent ni plus ni moins que de Brandon Curtis ( bassiste et clavier des Secret Machine ), Beck et Bon Iver. Dans ce single  Interpol reste fidèle à son rock 00's et sans révolutionner le genre il fournit un morceau masculin et énergique, à l'image de son clip en soi. Ce n'est cependant pas le premier titre de l'album que nous avions pu entendre, puisque depuis mi juin, sur leur compte you tube, est disponible deux autres titres de l'album en version live : My Desire et Anywhere. Ceux ci semblent moins tubesques que le single, mais nous attendrons la sortie de la version studio pour en juger.
Alex : Quand un des groupes majeurs de mes années collège / lycée est de retour, je ne peux qu'écouter ça avec attention. Et peu importe s'ils ne se réinventent pas, qu'ils arrivent à retrouver l'alchimie de la période dorée de leurs deux premiers albums sans Carlos est déjà un petit miracle. Merci les gars.

Half Japanese - In Its Pull
Etienne : Après 13 ans d'absence, revoilà le groupe de "Lo-Fi Punk" / Noise Punk pour un nouvel album, Overjoyed. Voici le génial single In Its Pull. Entre rock garage et punk, le le groupe nous prouve qu'il n'ont ni perdu leur son "amateur", ni leur esprit barré, ni leur Gibson.

Death From Above 1979 - Trainwreck 1979
Alex : Ce titre alterne avec brio couplets rock crasseux et lourds et refrains fédérateurs et plus poppy, avec chœurs et piano. Un peu borderline question de bon goût, mais ces funambules restent, certes vacillants, sur le fil quand Skip The Use et autres tâcherons tentant de faire la même chose depuis 2001 sont se sont écrasés plusieurs centaines de mètres avant.
 
Ex Hex - Don't Wanna Lose
Alex : Punk féminin plus claviers primitifs, ça donne quoi ? Une chanson très excitante madame !

Deerhoof - Exit Only
Alex : Bourrin, fédérateur... Très Pixies (les chansons de Kim Deal surtout). J'adore.

Thurston Moore - The Best Day
Alex : Le grand Thurston revient en forme avec cette vignette pop / rock / folk / slacker.

  • Pop :
Etienne : Tony Allen, célèbre batteur de Fela Kuti, fondateur de l'Afro Beat, revient cette année avec un album solo et se paye les services de Damon Albarn pour le chant et le piano. En résulte un single sublime où les rythmes inimitables de Tony Allen se mélangent avec la sobre voix de Damon Albarn et une basse sautillante, le tout en avant gout de la sortie de "Film of Life" le 21 octobre prochain sur le label Jazz Village ( sous label d'Harmonia Mundi ). Ce n'est cependant pas la première fois que les deux hommes collaborent ensemble, ce fut notamment le cas sur le groupe Rocket Juice And The Moon, formé avec Flea et dont les ressemblances musicales sont d'ailleurs à souligner, plus particulièrement la ligne de basse que nous avions pu écouté sur leur morceau poison. Il ne serait donc pas incongru de penser que le bassiste des Rod Hot' puisse être à l'origine de la ligne de basse de Go Back, mais cela ne demeure que pures spéculations de ma part.

Foxes In Fiction - Shadow's Song COUP DE COEUR
Alex : Toute en arpèges de guitares délicats, avec cordes, claviers et basses rêveuses, noyée dans la reverb, cette chanson s'écoute comme une ballade en apesanteur, quelque part entre Tame Impala, Pink Floyd, Grizzly Bear et Mercury Rev. Dans son genre, c'est assez imparable et désarmant. Morceau larmichette du mois.

Secret Cities - Bad Trip 
Alex : Ce titre pop rêveur et, il faut le dire, assez parfait dans son genre, mérite toutes les louanges. Si vous aimez les chansons bien écrites, les voix divines et les arrangements ciselés, c'est par ici.

Christopher Owens - Nothing More Than Everything To Me 
Alex : Mon chouchou, auteur avec Girls de quelques-unes des plus belles pages de la pop des ces dernières années, revient en grande forme avec un album qui s'annonce absolument génial. Une certaine idée de la perfection pop, dans la droite lignée de Chris Bell ou Gene Clark.

Baxter Dury - Pleasure
Alex : Le petit génie l'a annoncé, un album va sortir, et pour tous ceux qui ont écouté les précédents, c'est une excellente nouvelle. Ce morceau introductif est d'ailleurs de très bonne augure, dans un genre plus sombre que son précédent effort. Disons, moins ensoleillé et plus proche de ce qu'il faisait avant, avec davantage de synthés. Excellent, comme d'habitude.

Ibeyi - River 
Alex : Un de mes tubes de l'été. A deux voix et des arrangements très 2014, ces deux jeunes femmes signées sur XL Recordings ont fait mouche. En prime, le clip part d'une excellente idée de mise en scène.

Etienne : Un nouveau titre de Bon Iver c'est toujours un événement. Il ne réinvente rien dans son style, mais pose un nouvelle pierre dans l'édifice, qui tel l'architecture inca, a besoin de tous ses constituants pour s'élever et perdurer. Mais ne vous réjouissez pas trop vite, le morceau n'augure pas un nouvel album, mais fait simplement parti de la Bo du prochain film de Zach Braff, Wish I Was Here.

Spoon - Do You
Alex : La moisson de grands disques pop d'annonce pléthorique cette année. Cette chanson le prouve une fois de plus, Spoon devient un groupe incontournable, une valeur sûre de la pop qui vit avec son temps et ne se permet pas de sortir un seul morceau mineur. Que c'est bon !

Sufjan Stevens - A little Lost (reprise d'une originale de Richard Russel)
Alex : Sufjan marche sur l'eau depuis déjà quelques années, et ils sont rares les moments durant lesquels il descend de son piédestal, tout en haut du panier pop. Cette reprise en apesanteur ne va pas me contredire. Et tout cela lui semble tellement facile...

Literature - The English Softhearts
Alex : Ce titre résume tout ce qui a fait les grands jours de la pop indé anglaise des 80s : guitares qui carillonnent, voix claires, mélodie irrésistible, ligne de basse entraînante et synthés désuets. Comment résister à cette pop song impeccable ?

Woodkid - Do You Love Me After All
Etienne : L'artiste français, Yoann Lemoine, a ce mois-ci annoncé mettre entre parenthèse sa carrière musicale pour se concentrer sur sa véritable et première passion : le cinéma ! Ce n'est pas sans rappeler un autre artiste français, qui s'est aussi largement fait connaître à l'international, ce qui lui a permis financièrement de produire ses films, je parle bien sûr de Quentin Dupieux, alias Mr. Oizo. Woodkid accompagne cette petite lettre d' "adieu" par une sympathique démo d'un morceau enregistré "en une nuit" ( pour un nouveau jour ? ). On le retrouve ici en toute sobriété, loin de ses morceaux ultra produits, seul avec sa voix ( on aime ou pas l'artiste, mais il faut lui reconnaître une très belle voix ) et son clavier. 

Jessie Ware - Share It All
Alex : Un peu banal, certes, mais bien fait. Ce morceau entre pop vaporeuse, trip hop et rnb qui a écouté the XX, est agréable. C'est tout, mais c'est déjà pas mal.
  • Folk :

Tweedy - Wait For Love
Alex : Autre morceau enchanteur, cet extrait de l'album solo du leader de Wilco prouve que ce type n'est décidemment jamais à court d'inspiration. Très bon.


Conor Oberst - You Are Your Mother's Child
Alex : Particulièrement touchant, ce morceau très simple mais réussi atteint son but : faire frissonner votre épiderme avec une voix et le bois d'une guitare seulement. C'est beau quand même.
Alex : Avec la participation de Jon Brion et Fiona Apple, ce morceau de folk pop tout en émotions est une vraie réussite, à la fois enlevé et touchant.
  • Electro :
SBTRKT - New Dorp. New York    COUP DE COEUR
Alex : Portée par la voix d'Ezra Koening, cette nouvelle livraison de SBTRKT joue sur le terrain du minimalisme dansant (mais un chouia inquiétant). Koening chante divinement bien, la production est pile poil où il faut, et le morceau est simplement irrésistible. Très bon.

Kim Brown - Other People's Space
Etienne : Le son deep house de l'été : clair et mélodieux, rythmique et rêveur.

Matrixxman - Eternal
Etienne : Encore de la deep house, très percussive cette fois ci, mais toujours aussi estivale !
Alex : Le plus intriguant des trip-hoppers a trouvé un nouvel alter ego féminin à la hauteur de sa musique, et ressorti les synthés dégoulinants et tout en arpeggiators du Moroder de la grande période. Et ça fonctionne.

Etienne : Pour fêter les 20 ans de la sortie de son superbe titre de techno minimale The Protein Valve, le légendaire Dj de détroit nous sort un édit 2014 du moreau. Sans dénaturer la simplicité du son, il arrive à mettre un bon coup de verni avec des boîtes à rythmes plus perçantes, mais toujours aussi sombres.


Octave Minds - In Silence
Etienne : Le mélange incongru du célèbre Dj Allemand Boys Noize et de l'inclassable canadien Chilly Gonzales donne un très suave titre de chillwave aux accents jazzy. Rien de révolutionnaire mais la sensibilité et la pureté des sons font toute la qualité de de ce morceau. Tout ça pour dire qu'ils sortent un album en septembre. 
Alex : Ce morceau, assez contemplatif, est une belle réussite. Gonzales fera-t-il de toutes façons quelque chose de mauvais un jour ?

Patricia - Drip Dawn
Etienne :  Extrait d'un Ep à venir chez Spectral Sound ( sous label du très bon Ghostly International ) pour le 25 août. Le ton est donné avec ce beat ultra deap et bien durty à la limite de la saturation. L'énergie délivrée par cette techno y est brute et animale, malgré le désuet nom de "Patricia". 
Alex : Si vous n'êtes pas allergiques à la trap music et aux bangers du genre, vous allez comme moi vous régaler à l'écoute de cette nouvelle petite perle du producteur décidemment borderline niveau bon goût mais très doué.
 
Alex : 2e extrait entêtant de l'album  homonyme à paraître bientôt. Je ne suis pas convaincu à 200% mais ça reste un single de qualité. A réécouter dans l'intégralité de l'album.
Alex : Je ne sais pas si on peut parler de drone ou d'ambient à propos de cette musique-là, mais c'est ce qu'elle m'évoque. Un morceau aride, de grands espaces désolés, un mood post-apocalyptique. J'adore.

Nicolas Jaar - The Hellen Hollins Singers "Consolation" (Nicolas Jaar Edit)
Alex : Pour consoler les Chiliens déçus de leur éviction de la coupe du monde, Nicolas Jaar a sorti ce remix ma foi fort sympathique. Facile, mais frais, et immédiat. On prend. 
Fakear - La Lune Rousse
Alex : Un chouia facile, mais de saison et fait avec suffisamment d'amour et de talent pour que je veuille en parler ici, cette comptine house-pop ravira les oreilles des plus sensibles d'entre vous.

Etienne de Crécy - Night (Cut The Crap) (Superdiscount 3)
Alex : Ce morceau ne m'a pas complètement convaincu, c'est souvent très facile et un peu putassier. Mais il y a de bons moments, et puis ça reste de Crécy, j'ai envie d'être indulgent avec lui. Ca passe pour cette fois. 
Alex : Cette chanson me met mal à l'aise. Ni pop, ni rnb, ni électronique, elle est un peu de tout ça et rien à la fois. Et puis ce son... Mi-horrible (les effets sur la voix), mi-génial par moments.... Car quand on la réécoute, on perçoit derrière l'aspect superficiel et brillant une vraie bonne chanson, bien écrite et inventive dans ses arrangements. Reste à passer la barrière de la production pour l'apprécier réellement, donc.
Alex : Très belle sortie électropop de la part de ce grand fan de Bowie. Artiste à suivre.
Alex : Entre UK Garage et house plus éthérée et rêveuse, ce titre accrocheur nous entraîne rapidement dans sa transe. Joli.

Gesaffelstein - Bankrupt Remix (originale de Phoenix)
Alex : Du très bon boulot. Intro très pop, qui bifurque vers un son plus électronique qui s'assombrit de plus en plus, jusqu'au break à partir duquel la chanson de Phoenix n'est plus qu'un lointain souvenir et où Gesa fait du Gesa, avant un retour final à la pop, version désabusés. Excellent.
  • Soul/ Disco / Funk :
Living for the city ( Leftside Wobble Rework )
Etienne : Reprise du morceau de Stevie Wonder ?









Albums :


ON A ADORE :

 
Etienne : GENIAL ! Un EP dont le rock et moi avions besoin l'un comme l'autre. Ce punk rock psyché sera, sans aucun doute, vous charmer au plus au point.
Alex : Amen. Concision et talent sont au rendez-vous, cet EP est une tuerie.
 
 
 
 

Etienne : Le groupe Texan nous propose un grand plongeon dans le rock psychédélique 60's. Rien ne nous est épargné : la reverb à n'en plus finir, la production et les sons acides d'époque, des guitares incisives à point.
Alex : Le groupe  revient à un son plus proche de celui de Directions To See A Ghost, mais on sent dans la charpente des morceaux qu'il est passé par la case pop, et que les transes psyché de jadis vont désormais faire place à d'acides popsongs. Et ce n'est pas une mauvaise chose. On a là une preuve de plus que le virage entamé était bon, et que ces types sont non seulement brillants, mais sur une lancée très prometteuse. Un très grand EP.
 
 
 
 
Marc Almond - The Dancing Marquis
Alex : La voix de Soft Cell, qui a bercé mon adolescence avec son groupe mythique, est de retour et en grande forme. Et apparemment, presque tout le monde s'en fout. Pas moi, en tous les cas. Ses chansons pop arrangées avec soin, interprétées par sa voix précieuse qui pourrait chanter le bottin et empoter mon adhésion quand même, baignent dans une ambiance cabaret donnée dès la pochette et le titre de l'album. Mais du boogie pour boys qui donne son nom à l'album, aux gospels pop avec cordes et choristes black qui font le pont entre un cabaret anglais et Vegas, au retour aux sources électroniques "Worship Me Now", le maître mot reste la fantaisie. Et de fait, on ne s'ennuie pas un seul instant. Cette ambiance assez indescriptible et ces arrangements éculés créent une sorte d'impression de confort et de sérénité, on se sent comme chez soi sur cet album (même si comme moi vous n'avez jamais mis les pieds ni dans un cabaret ni une boîte gay). Comme si Almond était un vieux pote / oncle /... perdu de vue depuis trop longtemps, mais avec qui on est à l'aise  lors des retrouvailles, comme si l'on venait de se quitter à l'instant. Un bonheur simple mais total.
PS : les 2 remixes sont mauvais, mais ça tout le monde s'en fout et à juste titre, les remixes de fin d'album c'est rarement une bonne idée. Il suffira donc de les zapper.
 
 
 
 
Alex : Pfiou, comment décrire ça... Glam britpop électrobricolo indé punk slackerfolk nineties power pop braillarde brouillon ? Oui comme ça : jouissif ! Je vais être très, très nul pour parler de ce disque dont je ne sais que dire à part qu'il me fait énormément de bien. Alors écoutez-le, appréciez, remerciez-moi et dites-en ce que vous en pensez ici en commentaires, vous ferez ça mieux que moi.
 
 
Alex : La plus célèbre section rythmique de Jamaïque sort un album, ce n'est pas banal. Et il est vraiment très bon. Le duo infernal nous a concocté un dub de toute beauté, ou l'électronique et la production résolument moderne nous plongent en immersion totale dans l'univers onirique et sous-marin évoqué par le titre et la pochette. Si vous voulez des méduses rasta fluorescentes, c'est par là. Plus sérieusement, dans un genre aussi éculé que le dub, sortir une telle réussite en 2014 montre bien le talent infini de ces types qui savent se renouveler sans se trahir avec une justesse incroyable. Depuis le temps qu'ils creusent leur sillon, leur rendre davantage justice me paraîtrait de bon goût.
 
Etienne : Un grandiose album dont le nom suffit à le décrire et où cet anglais manies l'instrument électronique avec virtuose pour délivrer un somptueuse symphonie noise. Merci à Rabbit pour la découverte !
 
 

ON A APPRECIE :
Etienne : "Mais p**** qui a rayé mon CD d'Every Days Robot de Damon Albarn ?! Ah mais finalement ça rend pas si mal". Voilà le concept de l'album. L'anglais nous "code" ainsi de l'électro pop minimaliste sur fond de bugs sonores et saccades informatiques, le tout surplombé par sa voix qui n'est pas sans rappeler celle de son compatriote ex-Blur. 

Alex : il aurait presque fallu créer une catégorie "on n'a pas tout compris mais desfois c'était bien quand même", pour classer cet album. Rempli de beats concassés, de passages bruitistes d'autres planants et d'autres outrageusement pop, cet album démesuré est assez inclassable. Faites l'expérience par vous même. 
 
 
 
  Merci à tous pour vos passages et vous commentaires, et à très bientôt pour d'autres chroniques. En espérant que vous fassiez ici de belles découvertes musicales.
 
  Pour ceux qui suivent nos tops avec assiduité, le prochain sera un top de la rentrée (septembre /octobre), qui s'annonce très, très dense.
 

Alex & Etienne