mercredi 16 avril 2014

Philippe Katerine - Magnum ( 2014 )

     Neuvième album du troubadour vendéen sorti le 7 avril dernier, voici enfin Magnum, composé et produit avec SebastiAn. Initialement prévu pour le 14 octobre dernier, Philippe Katerine à préféré se faire désirer le temps de tourner son tout aussi burlesque film du même nom dans les Caraïbe, dont voici la bande d'annonce. Nous pouvions déjà écouter depuis cet automne les singles Sexy Cool, Patouseul et Efféminé, qui signaient la caractère disco de l'oeuvre confirmé sur le reste de l'album. 



Katerine vous présente son album : ICI

L'avis d'Etienne :

     Je ne présente plus le personnage, trublion de génie, fou imposteur, gravitant dans un univers des plus singuliers de la musique française et du monde musical. Après un début de carrière clairement chanson française, où beaucoup virent en lui un nouveau Gainsbourg, il bifurqua dans un univers surréaliste et comique sur laquelle il continue de surfer sur cet album. Un artiste imprévisible tout en contrastes unique en son genre.
     La cadre est donné : les années 80, la disco, les îles tropicales et les croisières, en somme un revival Gilbert Montagné ! Il y abuse de tous les clichés du genre tant dans la musique que ses clips  pour sublimer le kitschissime, sur une solide production de Sebastian qui réussi ici à merveille son job. Musicalement il n' y a rien à dire, c'est parfait. Comme à son habitude, Katerine porte un grand soin aux paroles provocatrices, désuètes et profondes à la fois, perpétuant donc sa marque de fabrique. Il y traite de séduction de sexualité, de féminité et de "couilles".



     La musique se condense en un surprenant kaléidoscope disco aux teintes électroniques et psychotiques partant dans tous les sens. Mais cette gaieté d'apparence, se dilue dans le champagne en une mélancolie interpellante et introspective.


     Pour ce qui est de mon avis propre, je pense que l'album confirme mon a priori des singles, c'est à dire que Katerine a perdu sa puérile fraîcheur si singulière et aguicheuse. Il y est plus grave, plus nostalgique. Le style est peut être trop lissé, trop travaillé, faisant perdre le côté humain, révolté, presque punk, qui m'attirait tant sur les précédents albums, s'enlisant dans une mollesse ennuyeuse . Je suis sûrement très ( trop ) critique, mais nous étions tellement habitué à être surpris par ce génie, que j'attendais beaucoup de cet album. Mais j'ai aussi des coups de cœur sur celui-ci, particulièrement la triade PatouseulEfféminéLes dictateurs et l'écriture particulièrement drôle et aboutie.
Malheureusement je m’endors sur ce clinquant navire, lessivé d'un violent mal de mer, espérant un prochain voyage que je rêve punk.

Katerine - Magnum ( Deezer )
http://katerine.net/
Etienne





 


L'avis d'Alex :


  Pas tout à fait d'accord avec Etienne. Pour compléter, je dirais que si j'ai bien cru que celui-ci allait être mon moment de décrochage dans sa discographie, le talent du bonhomme a fait mentir mes pronostics. En effet, soit il nous pond des hymnes débiles mais irrésistiblement attachants (Efféminé, Sexy Cool,... le début de l'album en fait), soit une espèce de disco-soul mélancolique (Ed)bangerisée avc brio par SebastiAn, assez sublime pour qui n'a pas peur du kitsch magnifié, sur la fin de l'album. Le bémol principal serait donc pour moi surtout le titre "Patouseul", sur lequel Katerine nous refait "100% VIP" sans la candeur et avec des paroles qui tournent à l'auto-caricature. Ceci dit, le titre est accrocheur, je le reconnais, mais il reste à mes oreilles le point noir de l'album autrement plutôt réussi.


  Katerine, à travers cette face B plus mélancolique, semble se rapprocher d'une musique plus sérieuse (à sa façon, c'est Katerine quand même), qui me fait espérer un retour à plus de subtilité et de sensibilité, à un équilibre plus maîtrisé entre génie et décalage (cf sa période pré-"Robots Après Tout"). Malgré toutes les réserves que j'ai pu émettre avant la sortie de cet album (les teasers ma faisaient craindre le pire), Katerine prouve une fois de plus que, où qu'il aille, il m'emmènera avec lui. C'en est presque énervant.
Bravo Philippe !
 
 
 
Alexandre
 
 
 
 
 
 



vendredi 11 avril 2014

Timber Timbre - Hot Dreams ( 2014 )

Sage et rêveur, sombre et songeur, le 5ème album le duo de folk-rock bluesy canadien deTaylor Kirk et Simon Trottier vient de sortir le 1er avril et c'est de la bombe !


     Trois ans après Creep On Creepin' On, ils reviennent avec Hot Dreams, et Taylor Kirk comme à son habitude nous embarque avec sa voix de crooner pour une balade lente et mélancolique, mais cette fois dans une composition moins expérimentale et plus picturale. L'album se voulu minimaliste mais finalement ils eurent l'excellente idée de passer une semaine au National Music Center de Calgary, musé rassemblant des tonnes d'instruments vintages, pour enregistrer une partie de celui ci et en faire une musique luxuriante et aride. Riche en vieux synthés et instruments 70's, fort d'une sublime voix pensée comme un instrument de musique, l'ambiance y est électrique et  la musique chaude et langoureuse, sèche et haletante. L'atmosphère est virile, grave et sentant le sueur, mais les chœurs féminins de Run For Meet finissent par humaniser les râles grinçants de ces fantômes d'un autre temps. Ce pourrait presque être une bande original, dans la lignée d'Ennio Morricone, mais il y a quelque chose en plus, cette présence, cette soul.


     Indéniablement une des grandes sorties de cette année, et un maillon de plus dans la discographie de ce groupe, avançant sur de nouveaux horizons passionnant. Cet album est pour eux la clef ouvrant sur une musique des grands espaces et je ne peux qu'applaudir cette ligne musicale. C'est aussi une nouvelle façon de faire de la musique pour eux, passant d'un contexte beaucoup plus intimiste, jouant en concert dans des églises et des théâtres, à une envergure plus grande.



     Je vous le prescrit 1 fois par jour pendant une semaine, à écouter dans une ambiance posée et obscure et ne pas hésiter à le diluer dans un ver de whisky. Vous m'en direz des nouvelles !



Etienne

dimanche 6 avril 2014

Miles Davis - Ascenseur Pour l'Echafaud ( 1957 )

     Je m'attaque à gros aujourd'hui, peut être trop, mais je me lance. Voici une de plus mythiques et des plus sublimes B.O. de l'histoire du cinéma, celle "composée" par Miles Davis pour le film Ascenseur Pour l’Echafaud, premier long métrage du cinéaste français Louis Malle.  Dont la B.O. est peut être encore plus connue que le film lui même, tellement l'oeuvre est novatrice et clef dans la vie du plus célèbre des trompettistes, comme dans l'histoire de la musique de film.



     Une petite mise en contexte s'impose. Nous sommes fin 1957, Louis Malle, jeune cinéaste de 25 ans, cherche au plus vite une musique pour son premier long métrage qu'il doit soumettre au Prix Louis-Delluc, qu'il remportera d'ailleurs avec ce film. Son assistant Jean-Paul Rappeneau, futur réalisateur d'un Cyrano de Bergerac à la renommée mondiale, lui soumet alors l'idée de faire appel à Miles Davis, encore peu connu en France. Cette idée lui fut certainement inspiré par le récent Sait-on jamais de Roger Vadim qui pour la première fois dans l'histoire du cinéma choisit du jazz pour la B.O. d'un film, avec une composition de John Lewis interprétée par le Modern Jazz QuartetAscenseur Pour l'Echafaud servira donc d'amplificateur à cette mode qui sera suivie aux Etats Unis par de nombreuses B.O. jazz, comme celle de Duke Ellington pour le film Anatomy of a Murder d'Otto Preminger, couronnée en 1959 d'un Grammy Award de la meilleur bande originale de film, prouvant l'amplitude de ce mouvement. 




    Pour revenir à Miles Davis, après une année désastreuse marquée par la dissolution de son quintet ( John Coltrane au saxophone ténor, Red Garland au piano, Paul Chambers à la contrebasse et Philly Joe Jones à la batterie ). Il arrive en France fin novembre 57 pour la troisième fois de sa carrière, sous l'invitation de l'incontournable producteur de jazz de l'époque, Marcel Romano. Les membres de son ancien quintet n'étant pas disponible, il recrute alors Barney Wilen au saxophone ténor, René Urtreger au piano, Pierre Michelot à la contrebasse et Kenny Clark à la batterie, pour une tournée française constituée d'un concert à l'Olympia et de trois semaines au Club St Germain, puis de dates européennes. C'est alors que le jeune cinéaste français lui propose le projet qu'il acceptera très vite, suite à un visionnage privé du film, trois jours après son arrivée. 
     Ainsi, quinze jours plus tard, dans la nuit du 4 au 5 décembre 1957, le quintet prit place dans les studios du Poste Parisien, accueilli par Jeanne Moreau, vedette du film. C'est alors qu'en quatre heures, à partir de quelques séquences harmoniques esquissées sur un piano dans sa chambre d’hôtel et de beaucoup d'improvisation, Miles accoucha de ce titan.




     Parlons quelque peu du film. C'est un polar, réalisé sur fond de Nouvelle Vague en France, racontant l'histoire de Florence Carala et de son amant Julien Tavernier, voulant se débarrasser de Simon Carala, patron de Julien et mari de Florence. Voulant faire disparaître la dernière preuve de son crime, Julien reste coincé dans l'ascenseur. Un jeune délinquant vole alors la voiture de Julien et commet un meurtre. Tout porte alors à accuser Julien, mais Florence arrive trop tard pour le disculper de ce crime. 

     Pour replacer cette composition dans l'oeuvre de Miles je vous propose une citation de Jean-Louis Comolli dans Jazz-Magazine :
"Sans la musique de Miles Davis, Ascenseur pour l'échafaud serait demeuré un film mineur [...]. Tout en participant au succès du film de Malle, Miles s'est lui-même élevé à un autre niveau et a pu prendre conscience de la dimension tragique de sa musique qui n'était jusque-là qu'esquissée. c'est en ce sens qu' Ascenseur pour l’Échafaud marque un tournant décisif dans l'oeuvre de Miles Davis

     Passons maintenant à la musique pure. Ce qui marque et qui fait toute la beauté de cette musique c'est la trompette. Cinglante, oppressante, elle ne colle pas vraiment avec ce qui se passe à l'écran, à en être presque dérangeante. C'est comme si la musique vivait dans l'environnement, n'avait pas de thème défini. Elle fait partie des bruitages et nous nous délectons de l'atmosphère sombre, moite, presque fatale, de son timbre feutré. L'ambiance est parfois cynique, parfois dynamique, parfois sordide, mais toujours introspective. Elle constitue l'environnement du film. C'est ce qui fait là toute la force de cette B.O. Plutôt que d'avoir pour fonction le renforcement de l'intrigue, de l'action, d'une scène ou d'émotions, elle est ici élément à part entière de ce sombre décor.


Miles Davis - Ascenseur pour l'échafaud ( Deezer )
Miles Davis - Ascenseur pour l'échafaud ( Spotify )

N'hésitez pas à partager ce que vous pensez du film et votre jugement sur son intérêt sans sa B.O. 

Etienne










dimanche 30 mars 2014

La sélection du mois ( Mars )


La sélection du mois - Mars 2014 :


ALBUM DU MOIS :
Real Estate - Atlas

CHANSON DU MOIS :
Frànçois & The Atlas Mountains - La Vérité



Morceaux :

  • Hip-Hop / Rap / R'n'B:

Alex : Pas la chanson du siècle (en même temps y'a Diplo dedans...), mais un morceau très efficace. Et puis on est très heureux de réentendre Frank, ainsi que les deux Clash. Un bon moyen de patienter jusqu'au prochain album du prodige du rnb.
Etienne : Ça part dans tous les sens, et tous les styles, sur une ligne mélodique orientalisante. Un peu trop pop ( mon dieu qui est l'affreux qui bien a pu inventer les chœurs d'enfants ), mais il y a trop de beau monde sur un seul morceau pour passer à côté !

Djjdsports - This Just life, Is Alright 
Etienne : Voilà deux membres du projet Sub Luna City : MC Pinty et Edgar The Beatmaker, qui n'est autre qu'Archy Marshal sur un de ses nombreux pseudo ( King Krule, Djjdsprts ). Magnifique titre roots en toute simplicité qui fait du bien entre tous ces titres hyper produit fleurissant dans la planète hip-hop. Cela confirme l'engouement du jeune King Krule pour le hip-hop, pour notre plus grand plaisir.

Alex : Une chanson qui confirme ce que nous avons dit de son album ici. A savoir, Pharrell ne se fatigue pas, ne prend aucun risque, il donne aux gens ce qu'ils veulent, et a sorti un album un peu bâclé. N'empêche que le type est doué, il ne peut s'empêcher d'être assez génial à plusieurs reprises, comme sur cette chanson. Au final, un album éminemment sympathique, et populaire qui plus est, et à propos duquel on est un peu moins durs à chaque écoute.  
Etienne : Ouf il reste un brin de génie et de lucidité à l'états-unien, tout n'a pas encore été brûlé par le succès. Mettons ce titre en voix de disparition dans un parc de sauvegarde musicale. Peut être se reproduira-t-il avec d'autres, faisant ainsi perdurer le bonhomme ?


Alex : Big Sean ne fait pas toujours dans le bon goût, mais il reste un rapper à suivre. En effet, quand il est bon, il ne l'est pas à moitié. En témoigne ce morceau incroyable, totalement maîtrisé, entre soul, électronique, hiphop, avec des échos trap. Très très bon, quoique trop court (mais c'est lié).
Etienne : Quelle transition incroyablement réussie dans ce morceau. Elle passe comme un suppo' à la poste. Déviant d'une voix soul époustouflante à un voix au beat sautillant et vitaminé. Et en plus le titre est en free downloade, le pied !

  • Folk :

Marika Hackman - Deep Green
Etienne : Un avant goût de toute grâce pour l'album qui va sortir le 14 avril. Nous voilà immergé dans les airs mélodiques et envoûtants de la londonienne.  Je dois bien vous l'avouer, je suis sous le charme.

S. Carey - Crown The Pines 
Etienne : Le batteur et vocaliste de Bon Iver nous confectionne ici un titre pétillant et sensible, presque fragile, que l'on voit s'envoler au rythme des cordes et percutions. L'album sort le 31 sur le légendaire label indé américain Jagjaguwar.

Cosmo Sheldrake - The Moss
Etienne : Ballade bucolique et pittoresque, l'éclectique multi-instrumentiste britannique de 22 ans, mélange savamment l'élctro, la folk et une pointe de hip hop sur un album à sortir le 21 avril. Ça s'annonce fort intéressant, à suivre donc.

  • Rock :

The Kooks - Down
Etienne : Ça bouge, ça claque, la mélodie est entêtante, les rythmes tropicaux, un très bon titre post punk en somme. Moi je suis fan ! ( et en plus ils ont le nom d'un morceau de Bowie )

Alex : Un nouveau Swans, c'est toujours un évènement. Ce morceau, est très réussi, plutôt accessible pour le néophyte, tout en ne l'étant pas énormément, c'est du Swans quoi. On attend l'album !
Etienne : Je tape du pied encore et encore et là bam, ça crache : un flot psyché se déverse de façon acidulé dans mes tripes et m'emmène loin, trop loin, au rythme cadencé de cette voix habitée.

Friendly Fires & The Asphodells - Velo 
Etienne : Krautrock is not dead !
Alex : Le single bruyant issu du brillant album de ce groupe à suivre.
Alex : La doublette qui introduit le dernier War On Drugs, sous influence eighties, Springsteen et Arcade Fire (période The Suburbs), est assez passionnante. Le son est un peu gros, mais pourtant ça fonctionne très bien. On a moins l'impression d'entendre du gros son au kilo qu'à l'écoute de "Born In The USA" par exemple. Pour moi, la partie de l'album qui est la plus réussie.
Etienne : Simple et efficace, je suis sur le cul. Aucune excuse pour ne pas "essayer". 

Alex : Un autre hymne débilo-touchant des bad kids The Black Lips. Cette chanson mettrait n'importe qui en joie. On a certes régulièrement l'impression d'être dans South Park avec ces types, mais ils sont aussi plein de tendresse, comme on peut l'entendre ici. Méga gros coup de cœur pour ma part. Jetez-vous dessus, les gens.
Etienne : Ce morceau est un peu comme un bouton de pu qu'on éclate : ça soulage mais de courte durée, c'est violent, énergique et surtout c'est typique de l'adolescence. On y ajoute la voix débrayée à la limite de la justesse d'un gamin de 16 ans et voilà ce que ça donne. Étonnant non ?  ( et c'est beurk surtout ! )

Alex : Le retour des Black Keys. Le single, assez irrésistible pour ma part, est sensé donner la direction de l'album. On s'oriente vers un son plus pop (mais moins surchargé que sur le précédent, El Camino), mais aussi plus groovy voire dansant (discoïde ?), et psychotique. En somme, un son plus Franz Ferdinand. Ce prochain album sera-t-il leur album "noir" et dansant, leur Tonight ? Affaire à suivre, mais ça s'annonce très bien.



  • Pop :
Tame Impala - Stranger In Moscow ( MJ Cover ) :
Alex : Ma reprise du mois, d'une sensibilité incroyable. MJ en serait fier, cette version est même sans doute supérieure à l'originale.

Alex : un peu de douceur entre twee pop, sunshine pop californienne, folk et touches synthétiques. Avec ce duo de voix (un homme, une femme), on se rapproche de la formule magique développée par des groupes comme Family Of The Year par exemple. Divin. Je vous ai mis ici une version live, pas trouvé la version studio.
Alex : Un des titres les plus immédiats du dernier (et pas si évident) album de Metronomy. Quelque part entre single pop sixties avec orgue, électro lo-fi, et syntpop. Addictif au possible.

Alex : Je ne vais pas insister davantage, Sisyphus est un grand disque rempli de grandes chansons, et en extraire une seule est presque un crime. Avec cette chanson, on est sur le versant plus (électro)pop du groupe. Côté Sufjan donc. Merveilleux.

Alex : Devant mon incapacité totale à choisir un seul titre de cet album parfait à vous présenter, je vais me reposer sur leur choix et vous dévoiler ce single. Mais honnêtement, tout l'album est beau à en pleurer, ne vous en contentez pas ! On en reparle un peu en-dessous.

Alex : Chaque nouvel chanson extraite du prochain Damon Albarn est à tomber par terre. C'est dingue. Je crois qu'on tient là un futur classique, quitte à m'avancer un petit peu. Sur ce très très bon morceau, Damon a eu la bonne idée d'adjoindre à son excellence pop celle du grand Brian. Et comme une idée de génie ne vient jamais seul, il l'a même fait chanter. Comme ça fait du bien de réentendre son chant atone, qui plus est sur une aussi bonne composition. Damon a tout bon, si tout l'album est de ce calibre, il va même réussir à se faire pardonner presque 10 ans de "oui mais non" concernant Blur. Le brigand.

 Todd Terje - Johnny and Mary ( feat Bryan Ferry ) :
Etienne : Voilà ce que donne la rencontre entre deux géants de la musique provenant de deux périodes complètement différentes, le tout sur le titre Robert Palmer. Kitsch ? Pas le moins du monde ! Le titre se trouvera sur le prochain et très bien nommé premier album du norvégien It's Album Time



  • Electro : 

Etienne: Encore un norvégien dans le monde de la musique électronique, cela est presque devenu un cliché ! Andreas Kleven Rasmussen perpétue en grande tradition cet électro-disco nordique de Todd Terje et Lindstrom. Ici il la porte en orbite avec un bit supersoniques et un amour immodéré du pitch et des échos. Que voilà un bon présage pour l'EP Beluga à sortir prochainement.

Etienne : Le producteur anglais Mike Greene vient de taper fort, très fort, avec un morceau que Daniel Avery considère déjà comme un des meilleurs tracks de 2014, marquant alors le point d'orgue de son fabuleux EP triptyque sorti ce mois-ci. Il décline ici romantisme à la mode "proto house", "post-disco", toujours avec ce son anglais inimitable.

Etienne : De la Coldwave comme il s'en fait beaucoup en ce moment, et par un des maîtres du genre, puisque membre de The XX. Mais comment ne pas tomber sous le charme de ces basses hallucinantes ?! Alors détendez vous et admirez ce troublant pavé rose sur fond bleu.

Korridor - Path #02.5

Etienne : Cristal emprisonné dans son impénétrable gangue de roc, ce morceau de techno suédoise expérimentale et brutale est à la fois intriguant et passionnant.

Etienne : Un titre épileptique et malsain, tout à l'image de son bizarroïde clip, sorti sur le très expérimental label de techno L.I.E.S. Sale et acide ce morceau m'hérisse les poils, mais ce côté obscure m'attire irrésistiblement en son sein soufré. 

Alex : Le papa de la disco frenchy donne un coup de polish disco cheezy à la chanson des filles de Haim, et ça marche du feu de dieu. C'est possiblement de mauvais goût, too much, mais au moins Cerrone ne fait pas semblant. Quelque part entre la disco fin 70's, la French Touch, et les BO synthétiques des 80's (Flashdance & Cie). Tellement premier degré que toutes les jambes seront sur la piste avant la fin du morceau.
Etienne : *danse*

Alex : Une odyssée électronique assez extatique, entre trap music, ambient, et house, pour un rendu assez unique et complètement prenant. (A écouter aussi, Gunshotta, du même groupe, plus jungle et ragga).

Alex : Comme je l'explique un peu plus bas, je ne suis pas un fan absolu de Liars en général, mais je reconnais qu'ils sont souvent assez géniaux. Et certains titres, comme celui-ci, me plaisent énormément. Comment résumer ça... Si, voilà : les Liars, cagoulés, prennent en otage Moroder avec l'aide de Bane, le méchant de Batman.


  • Brian Enoesque :
Ben Frost - Venter
Etienne : Qu'ajouter de plus que sa classification ne dit pas ? Peut être que son album Aurora sort le 26 mai. En tous cas que c'est un très beau morceau sans queue ni tête, semblant s'étirer à l'infini, tout en crescendo, mais pour s'arrêter où ? Je ne sais pas.

  • Chanson Française :
Alex : une chanson qui ne paie pas de mine à la première écoute, mais qui s'incruste rapidement dans votre cerveau. Tellier fait du Tellier avec brio, il conjugue une fois de plus kitsch et sublime, le tout avec une musicalité incroyable.

Frànçois & The Atlas Moutains - La Vérité :
Alex : quelque part entre Vampire Weekend, et les Talking Heads, avec de petites touches électro et  de l'afro-funk, ce single imparable nous prouve une fois pour toutes que ce groupe est un des plus grands que l'on ait par ici. Avec en prime les chœurs divins de Petit Fantôme, ce qui ne gâche rien.



Albums :

Real Estate - Atlas 
Alex : Les Real Estate, que j'estimais déjà beaucoup avant, m'ont cette fois-ci mis totalement sur le cul. Avec cet album éblouissant, parfait de bout en bout, ils sont les dignes héritiers de cette grâce pop absolue (cf The Byrds, The Smiths, The Stone Roses, Girls...) qui fait que chaque note, chaque arrangement pourtant presque banal par ailleurs, nous touche au plus profond. De la beauté à l'état pur. Incroyable.

Black Lips - Underneath the Rainbow
Alex : Un album d'une très grande qualité, moins exubérant que le précédent, mais encore meilleur (ce qui n'était pas une mince affaire). Les branleurs des débuts sont mine de rien devenus un des groupes de rock les plus importants, en s'imposant à l'usure, à l'instar des Black Keys de Patrick Carney qui assure ici la rugueuse production.

Sisyphus - Sisyphus
Alex : Je l'ai dit, je l'assume, je le répète : un grand disque. Electro, pop, hiphop et génie sont dans un bateau, qu'est-ce qui... se passe ? Le bateau s'envole, déploie ses ailes de vaisseau spatial, enclenche ses réacteurs, allume ses phares fluos. Boule disco accrochée au rétroviseur. Sufjan, Serengeti et Son Lux nous font coucou par le hublot, avant de décoller vers les étoiles. Je ne sais pas ce qui s'est passé, mais je sais comment ça s'appelle : Cool.

Metronomy - Love Letters
Alex : Un disque assez inattendu, pour qui n'a pas entendu les singles précédent sa sortie, même si on perçoit l'évolution logique du groupe. Mount s'éloigne de l'électro lo-fi et déglinguée et tend de plus en plus vers une pop rétro et barrée influencée par tout un tas de trucs hétéroclites (de la sunshine pop au prog au space disco au funk à la pop west coast 70's et j'en passe....). La nouveauté, c'est que ce disque sonne complètement cramé. On n'est pas chez le Sly Stone de There's A Riot Goin' On, mais on tend plus ou moins vers ça. Voix pas assurée du tout, son régulièrement lo-fi, arrangements tellement béats et lancinants que ça en devient louche, son de boîte à rythme ultra cheap... Ce disque qui s'adresse pourtant aux masses (cf la campagne promo), n'est pas le plus immédiat du groupe, il demande pas mal d'écoutes pour être bien digéré. Et pourtant, ça fonctionne plutôt bien comme ça. Néanmoins, sans certains "caprices" de production, on aurait pu tenir là un disque encore meilleur. Pas le chef-d'œuvre annoncé, mais un disque qui reste passionnant, et un groupe toujours aussi intéressant à suivre.

Frànçois & The Atlas Moutains - Piano Ombre
Alex : Le disque frenchy du mois. C'est beau du début à la fin, souvent assez irrésistible, intelligent, bien foutu. Vraiment très bon. Mon seul regret est de ne pas voir le tempo augmenter plus souvent comme sur l'irrésistible single "La Vérité".

The War On Drugs - Lost in the dream
Alex : Petite déception pour moi. J'aime bien ce groupe en général, mais là le son est souvent... Trop gros. Trop eighties, trop de synthés. Cette petite remarque mise de côté (et à relativiser, il y a pire dans le genre, et ça concerne surtout certains passages, pas tout l'album), on tient là un disque plus que solide. Sur lequel planent les ombres de Dylan, Springsteen, et Arcade Fire. Les moments de génie assez réguliers valent largement l'écoute, voire l'achat.

Liars - Mess
Alex : Je ne suis pas un grand admirateur de Liars en général. J'ai vraiment du mal à accrocher avec ce groupe, qui a même tendance à m'énerver parfois. Du coup, je me contente de picorer dans leurs albums. Et, point positif, il y a toujours un nombre assez important de morceaux qui me plaisent. Ce disque-ci, plus électronique encore, assez sombre mais moins alambiqué que le précédent, ne fait pas exception.  

Perfect Pussy - Say Yes To Love :
Alex : Un album plein de bruit et de fureur, sur lequel règnent les ombres de nombreuses punkettes et prêtresses post-punk, ainsi que celles de My Bloody Valentine et des Sonic Youth. Brillant de bout en bout.

Tycho - Awake
Alex : Album éminemment eighties, uniquement instrumental, et sympathique. Ceci dit, ça manque de mélodies marquantes et le son "papier glacé" me fatiguera vite, mais ce n'est que mon opinion.
Etienne : Des singles qui ont fait beaucoup de bruits et d'une qualité grandiloquente, tout annonçait un superbe album qui aurait du compter dans les grands de 2014. Mais malheureusement le reste de l'album ne suit pas les sublimes Awake et Montana et s'épuise à mis parcours, se diluant dans ses échos. Mais cet album demeure de très bonne qualité et jouis d'une ambiance enivrante et racée. Un album qui aura marqué ce mois.

Detroit swindle - Boxed Out 
Etienne : Un cocktail explosif de hip hop, de soul, de disco le tout enrobé dans une magnifique robe de soirée house scintillante de milles feux. Surement l'album électro du mois, qui malgré un nom et des sonorités  90's trompeuses est signé par deux néerlandais. 
Alex : Etienne a fait là une magnifique découverte. Un album qui claque avec une classe et une fluidité épatante. L'album électro du mois, voire du début d'année, assurément.

Laurent Garnier - A13
Alex : Avec Garnier, c'est compliqué. Autant je respecte énormément l'homme et son parcours, autant sa musique ne me touche qu'à des occasions qui, si elles ne sont pas rares non plus, sont quand même plutôt exceptionnelles (une des exceptions, le formidable album Unreasonable Behaviour, sorti en 2000). Avec lui, souvent ça passe ou ça casse (soit j'adhère, soit je suis complètement indifférent), et là ça passe plutôt bien, contrairement à pas mal de ses sorties récentes. Cet EP est plus rude, il tabasse pas mal, mais sans tomber non plus dans le putassier. Et ça me plaît bien. (Et en plus les remixes sont bons).
Etienne : Comme Alexandre, je partage une grande admiration pour ce qu'il a fait, pour ses mixes et particulièrement son émission radio, mais sa musique ne me parle que très peu. Cette fois ci c'est réussi avec un très bon EP et son cortège de remixes il nous propose un projet aux sonorités riches et denses, électriques et perçantes, que je n'arriverai pas à qualifier de house par son absence de boucles, mais plus largement d'électro. Le Mr de l'Haçienda n'a donc pas encore dit son dernier mot.

Et vous, qu'est-ce qui vous a fait vibrer ce mois-ci ?

Etienne & Alexandre



samedi 29 mars 2014

Patatap ( jeu flash )



     Je vous recommande de jeter un coup d’œil et un coup d'oreille à ce très réussi jeu graphique et sonore, se jouant en flash ( fonctionne directement sur votre navigateur ) et qui vous permettra de créer des motifs musicaux et visuels en une pression de touche.  Concrètement votre clavier se transforme alors en boîte à rythme où chaque touche de A à Z correspond à une sonorité, libre alors à votre créativité ! En appuyant sur la touche espace vous pouvez aussi changer de banque de sons et de motifs graphiques ( mais personnellement je trouve que la meilleur est celle du début avec le fond gris ). 
Finalement c'est un peu comme si le jeu reprenait tous les bruitages des pub Arte et qu'il nous laissait l'opportunité d'en faire notre musique, pour notre plus grand bonheur. Alors si vous avez 5-10 minutes à perdre, vous savez ce qu'il vous reste à faire !



Une petite démo qui n'est pzs énorme, mais le jeu étant très récent, il n'y a pas encore beaucoup de vidéos disponibles : https://www.youtube.com/watch?v=Sdj5Zge9wGM

jeudi 27 mars 2014

Through The Circles - La Mverte ( 2014 )



    Vous avez sûrement pu remarquer que nous sommes plutôt très friands des productions du génial Gorgio Moroder, alors quand j'ai vu la photo de ce moustachu , s'est estompé dans mon esprit un doux  préjugé positif, oui vous savez celui d'une belle pochette ou d'un large sourire. Et ce fut ce même sourire qui s'esquissa sur mes lèvres à l'écoute de cet EP, satisfaisant mon attente ( ego ?) auriculaire. Les basses et les synthés dark psychotiques m'ont alors happés aux tripes sur ce dance floor italo space disco, rappelant aussi cette scène avant gardiste française de la fin 70's, début 80's rassemblée sur la compilation Cosmic Machine, celle de Space Art. L'EP sorti le 17 février dernier sur le label Parisien Her Majesty's Ship, commence au sommet avec le splendide Through The Circles ( clip ci dessous ), mais la suite n'est pas en reste et arrive même à nous faire regretter la petitesse du format EP. Alexandre Berly aka La Mverte ( se prononçant "muerte" ) signe ici sa première sorti après s'être fait remarqué par ses mixs, ses soirées Anteros & Thanaton Chez Moune et sa proximité avec Yan Wagner ou Acid Washer, ce dernier signant d'ailleurs un remix de Crash Cours présent à la fin de l'EP. C'est donc quelqu'un à suivre, d'autant qu'il travail déjà sur un prochain EP, mais tout en sachant qu'il n'est pas ( encore ? ) professionnel.



Le clip de Throuh The Circles : https://www.youtube.com/watch?v=eKX0hg2t05I

Les liens utiles :
La Mverte - Through The Circles ( deezer )
http://hermajestysship.bigcartel.com/


Etienne

lundi 24 mars 2014

GRAND JEU / RECAPITULATIFS ET SUPPLEMENTS

 
 
  Pour clôturer cette 8e édition, je vous propose un petit récapitulatif de nos choix, ainsi que quelques-uns de mes choix alternatifs (c'est Alexandre qui écrit là). Je voulais parler uniquement de disques sortis après 2000, vous aurez donc quelques-uns de mes choix rejetés car antérieurs à cette période.
 
  Et enfin, à côté de chaque thème, le lien pour écouter la chanson qui par ses paroles a inspiré l'intitulé du thème. Et c'est pas parce qu'une chanson est là que je l'aime hein, je précise. Je pense à la 1ère notamment.
 
Désolé si la présentation est un peu dégueulasse, elle est très bien ici, mais quand je fais "aperçu", c'est pas du tout ce que moi je vois quand je mets en page, et c'est horrible.
 
Here we go !
 
 
 

1)      « Oh honey why don’t you come back ? » lien
 
Le disque du retour : pour le meilleur ou pour le pire ? A vous de choisir.
Etienne :
Bobby Womack – The Bravest Man In The Universe (2012)
 
Alex :
Babyshambles - Sequel To The Prequel (2012)
 
 
Choix alternatifs d'Alex :
David Bowie - The Next Day (2012)
My Bloody Valentine - mbv (2013)
Jackson & His Computer Band - Glow (2013)
 
 
 
2)      « There’s too much too much too much » lien
 
Un disque beaucoup trop compliqué, indigeste, ampoulé, il y a un peu trop de tout partout mais…. C’est pour cela que vous l’aimez
 

Etienne :
Thomas Brinkmann - Klick (1999)
 
Alex :
Oukast - Speakerboxxx / The Love Below (2003)
 
 
Choix alternatifs d'Alex :
 
Of Montreal – Skeletal Lamping (2008)
Kanye West - My Beautiful Dark Twisted Fantasy (2010)
Sufjan Stevens - The Age Of Adz (2010)
Passion Pit - Gossamer (2012)
 
Late Of The Pier - Fantasy Black Channel (2008)

Paul McCartney - McCartney II (1980)

 
 
 
3)      « Je lui dirais les mots bleus, les mots qu’on dit avec les yeux » lien
 
Un disque qui se passe de mots, et très bien, merci !
Etienne :
Gonzales - Solo Piano 1 (2004)
 
Alexandre :
Air - The Virgin Suicides (2000)

 
 
 
 
 
4)      « There’s no future, no future, no future for you ! » lien
 
Le disque que vous écoutez quand tout semble sans issue, histoire de se rouler dans le désespoir.
Etienne :
El Hajd N'Diaye -Géej (2008)
 
Alex :
Richard Hawley – Truelove’s Gutter (2009)
 
        Choix alternatifs d'Alex :
 
John Lennon – Plastic Ono Band (1970)
Frank Sinatra – In The Wee Small Hours (1955)
Pink Floyd – Set The Controls For The Heart Of The Sun (1968)
 
The XX - XX (2009)
 
Joy Division - Unknown Pleasures (1979)

Kanye West - 808s and Heartbreak (2008)

James - Laid (1993)

The Velvet Underground - The Velvet Underground (1969)

XTC - Mummer (1983)

Grizzly Bear - Veckatimest (2009)

 
 
 
 
5)       Let’s Get It On  lien
 
Le disque qui vous donne envie de jouer des hanches. Et je ne parle pas de danser.
Etienne :
Stan Getz & Joao Gilberto - The Best Of Two Worlds (1976)
 
Alex :
Jagwar Ma - Howlin (2013)
 
 
Choix alternatifs d'Alex :
 
Ike Reiko - Kokotsu No Seka (1971)
Barry White - Can't Get Enough (1974)
!!! - Myth Takes (2007)
Scarlett Johansson & Pete Yorn - Break Up (2007)
Arcade Fire - Reflektor (2013)
D’Angelo – Brown Sugar (1995)
Norah Jones - The Fall (2009)
Factory Floor – Factory Floor (2013)
David Bowie – Young Americans (1975)

The Black Keys - Brothers (2010)

Of Montréal - False Priest (2010)

Justin Timberlake - FutureSex/LoveSounds (2006)

Arnaud Fleurent-Didier - La Reproduction (2010)

 
 
 
  
6)       It’s just a reflektor lien
 
Deux albums, deux pochettes qui se répondent.
Etienne :
Pink Floyd - The Piper At The Gates Of Dawn (1967)
Thee Oh Sees - Floating Coffin (2013)
 
Alex :
Diana Ross – Diana (1980)
LCD Soundsystem - This Is Happening (2010)

 
 
 
 
7)       I want to drive you through the night, down the hills 
 
Vous mettez cet album dans l’autoradio. Et vous conduisez toute la nuit. Pour aller où ? Là n’est pas la question.
Etienne :
Bot'Ox - Babylon By Car (2010) lien
 
Alex :
Sisyphus - Sisyphus (2014) lien
 
 
Choix alternatifs d'Alex :
 
John Coltrane – A Love Supreme (1964)
Pharoah Sanders – Black Unity (1971)
Damaged Bug – Hubba Bubba (2014)
Egyptology – The Skies (2010)

Four Tet - There is love in you (2010)

Kraftwerk - Autobahn (1974)

Kendrick Lamar - Good. Kid, M.A.A.d City (2012)

Ice Cube - The Predator (1992)

La discographie de Gérard Manset

 
 
 
 
Encore une fois, merci à tous les participants !
 
Alexandre